samedi 9 avril 2011

1. Lili Boniche l'oriental....

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Aux confluences judéo-arabo-andalouses...
Peut-être moins connu qu'Enrico Macias, peu de pieds-noirs pourtant ont été autant aimés que lili Boniche, par les pieds noirs mais aussi par les algériens !
Et certains le découvrent maintenant...


Lili Boniche (Élie Boniche) né en 1921 à Alger et décédé le 6 mars 2008 à Paris


Lili Boniche " ellie ghir " :



Cette chanson me fait vibrer intensément. Je la trouve terriblement belle et émouvante, dès les premières mélopées. J'en ai des frissons partout. Elle parle de la jalousie " Que la personne se suffise de ce que lui donné le bon dieu, ne pas faire rentrer chez soit un jaloux". Voila la ce que dit la chanson en gros


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Comme je me suis déjà interressée aux fusions dans la musique flamenco déjà dans ce blog (les liens de renvoit seront posés à la fin), Lili Boniche est un artiste brillant à ce propos.


C'est un artiste de grand talent, qui à sincèrement et profondément aimé l'Algérie, et ses compositions faites dans la plus grande simplicité, car il était loin de montrer la moindre touche d'orgueil, ni d'être imbu de lui-même, dénotent cet amour là avec une immense authenticité et sensibilité! Un juif qui va chanter essentiellement en arabe. ... Pour moi il est vraiment l'artiste de la Paix.


Juif d'origine, né dans la casbah à Alger, son oeuvre fait partie, pour les connaisseurs, du patrimoine algérien.




MONDOMIX Portrait ( j'ai ajouté des titres pour mieux aérer ):
" Lili Boniche Au début des années 90 Lili Boniche est sorti des oubliettes de l'histoire de la musique. A peine plus ridé qu'aux temps bénis de ses plus grands succès, la démarche parfois incertaine mais toujours aussi pimpant, il est revenu sur le devant de la scène. Et il obtient aujourd'hui une audience qu'il n'avait jamais atteinte ".


Une éducation musicale extrêmement riche


La vie de celui que l'on surnomme le crooner de la casbah ressemble à un scénario. Et pourtant tout est vrai… Lili Boniche est né en 1921 à Alger, Alger la Blanche, Alger sa ville. A l'âge de 10 ans, il quitte le domicile familial pour suivre l'enseignement d'un maître du haoussi, Saoud l'Oranais. A ses côtés, il apprend pas à pas le répertoire de la musique arabo-andalouse, côtoie la célèbre Reinette l'Oranaise et devient un virtuose du oud.


Le succès


Un jour, il n'a alors que 15 ans, il débarque à Radio Alger et, avec tout le culot propre à son âge, propose un projet au directeur. Celui-ci est emballé et lui octroie une émission hebdomadaire. Porté par son succès naissant, le jeune Lili Boniche compose chanson sur chanson et les interprète en direct à l'antenne : "Elles me venaient comme ça, sans réfléchir " raconte-t-il. Peu à peu, il crée un style (typique de la musique populaire algéroise) où se mélangent flamenco, arabo-andalou, paso doble, mambo et tradition juive. Il devient une star à Alger puis à Paris


L'arrêt de la scène


Dans les années cinquante, il rencontre une comtesse : "Elle était belle, riche et folle de moi", se souvient-il en souriant ; il l'épouse illico. La version officielle veut que la belle ait été terriblement jalouse de toutes les femmes (à l'époque, on ne disait pas encore les "groupies") qui tournaient autour de son chanteur de charme et ait obligé le crooner d'Alger à raccrocher. Mais on murmure que l'étoile de Lili Boniche commençait à faiblir et qu'il a préféré se reconvertir dans les affaires pour assurer son avenir. Il achète quatre cinémas à Alger et devient un homme d'affaires prospère.


L'éxil


Une inteview de Lili Boniche où la "réconciliation" est évoquée : http://www.youtube.com/watch?v=U_luoQ0Ecdw (env 10 mn)

Mais la tourmente gronde en Algérie et, à l'Indépendance, le gouvernement lui confisque ses salles. Ainsi que nombre de ses coreligionnaires, il s'installe en France et repart à zéro. Il ouvre un restaurant -avec succès- puis se reconvertit en représentant de matériel de bureaux. Comme tous ceux qui ont tout perdu au moins une fois dans leur vie, il évoque aujourd'hui tout ceci sans fausse honte, avec même une once de regret et de fierté. "C'est la vie, sourit-il". Mais le démon de la scène ne l'a pas quitté et il se produit constamment dans les mariages et les barmitsva (équivalent des premières communions chrétiennes).



Un nouveau départ


Un interview super sympa de Lili Boniche en 2000 :

http://www.ina.fr/art-et-culture/musique/video/CAB99024099/lili-boniche.fr.html (env 10 mn)


Aux débuts des années 90, toute une génération de réalisateurs redécouvrent ses chansons et les utilisent dans les bandes sonores de leurs films. "Le Grand Pardon", "La vérité si je mens", "Mémoires d'immigrés" : à travers le cinéma, Lili Boniche retrouve les lettres de noblesse que sa comtesse l'avait contraint à abandonner. En 1998, il sort un album intitulé "Alger, Alger" produit par… le patron d'une maison de couture. Le succès est mitigé mais l'américain Bill Laswell reprend la production et la machine repart.


Le retour sur scène


Un concert plus ou moins privé à l'Elysée-Montmartre (célèbre salle parisienne, plus dévolue au rock'n roll qu'à la romance), une prestation mémorable lors des Belles Nuits du Ramadan… et l'histoire reprend, comme si le conteur reprenait sa lecture exactement là où il l'avait laissée.


A l'aube de ses 78 ans, Lili Boniche peut se targuer d'avoir rempli l'Olympia, de rassembler un public qui va bien au-delà de la communauté juive et de faire danser différentes générations de juifs, de catholiques et de musulmans qui tanguent en cadence, unis par la musique d'un crooner oriental aux allures de rocker suranné.


Avec son album 2003, Oeuvres récentes produit par Jean Touiton, Lili Boniche a voulu sortir du strict cadre de la chanson judéo arabo andalou. A ses côtés on retrouve des musiciens d'exception venus d'horizons très variés Mathieu Chedid alias M, Jean Pierre Smadja alias Smadj de DuOud, le batteur Manu Katché, l'ex bassiste d'Eliott Murphy et des Modern Lovers Ernie Brooks ou encore Jean-Baptiste Mondino qui signe les guitares d'une chanson et la pochette. A la même époque le spectacle les Orientales imaginé par le groupe marseillais Barrio Chino rend hommage à la chanson francarabe et reprend bien sûr nombre standards de Lili Boniche. Dans la foulée un concert à Mogador est filmé et sort l'année suivante en DVD.


Ce sont ses dernières apparitions public et il s'éteint discrétement le 3 mars 2008 ".
Magali Bergès et Mondomix


Une autre biographie importante : http://zlabia.com/forum/read.php?10,7451


Un hommage très émouvant : http://humanite.fr/node/382156
Un autre : http://www.babelouedstory.com/thema_les/necrologie/18485/18485.html


J'ai découvert vraiment lili Boniche tardivement dans ma vie grâce à une amie algérienne. J'en avais entendu parler avant bien sûr mais ma famille était plutôt Enrico Macias, et d'ailleurs, lorsque j'étais petite fille je l'écoutais beaucoup. Puis j'ai eu ma période Oum Kalsoum, et bien que ne parlant aucun dialecte arabe, je me suis enivrée en mettant en boucle deux 33 tours que j'avais d'elle. Je ne comprenais pas un mot de ce qu'elle chantait, mais j'étais comme hypnotisée... J'avais d'ailleurs, au fil du temps, créé un petit dictionnaire personnel franco-arabe où j'y notais tous les mots ou expressions algériennes que les pieds-noirs employaient. Et il y en avait! Cela aussi fut perdu lors d'un déménagement. Je suivais déjà une direction qui me paraissait logique, tout cela sans rien dire à personne. La logique aurait été que j'apprenne l'algérien ce qui ne c'est pas fait. Même récemment encore, j'ai faillit m'inscrire à des cours spéciaux, où j'aurais apprit l'arabe littéraire, l'hébreu et l'araméen! Mais j'ai eu un gros empêchement financier. Pour l'arabe, l'algérien, qui sait ? J'ai encore le temps de le faire...


Or Lili Boniche avait popularisé d'une brillante façon ce qu'il appelait le francarabe (qui existait déjà au Liban depuis 1910). Il avait l'art dans une même phrase de mêler des mots arabes et français. On l'entend dans beaucoup de ses chansons et ici dans "Alger", une très belle chanson!




A propos de l'expression judéo arabe : " Lili Boniche contestait d’ailleurs l’appellation judéo arabe: « Est-ce qu’on dit d’un musulman qu’il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c’est tout ». Star des années 30et 40 à Alger comme à Paris, redécouvert dans les années 90, il a créé un style où se mêlent les sonorités typiques de la musique populaire algéroise (flamenco, arabo-andalou, paso-doble, mambo) et de la tradition juive… Ses chansons en “francarabe” ont fait danser plusieurs générations de toutes confessions. Les chansons de Lili Boniche le proclament haut et fort : " le plus sûr moyen de tuer une culture, c’est de la confiner ". Un credo que partage Salah Gaoua, qui s’est entouré de huit complices d’horizons géographiques et musicaux divers pour cet hommage inédit au crooner de la Casbah ".extrait : http://www.histoire-immigration.fr/2010/7/hommage-a-lili-boniche-par-salah-gaoua





Une autre plus franchement flamenco. Comme je ne suis pas pour la corrida je pose le lien à titre d'exemple :
http://www.youtube.com/watch?v=cAcqcnkNHdw&feature=related


Une chanson (il y en à tellement) où se mêlent sonorité arabes, juives et occidentales... Vous connaissez aussi, mais oui, tout le monde connait "ana fel houb"!



envoyée par moussapes5

Lili Boniche, le créateur de la chanson "l'oriental" :


En effet, c'est lui qui compose la chanson l'oriental et qui la chante en premier. Enrico Macias va la reprendre et Lili Boniche (il en parle dans un interview d'une façon décontractée) ne pensera pas aux droits d'auteurs à cette époque là! Et, mais c'est une question de goût personnel, je préfère l'entendre par lui. Il est vrai que je suis sous le charme de sa voix, je l'avoue... Même si dans cette vidéo de l'Olympia, il est déjà plus âgé. C'est du francarabe aussi!



" Je chanterais toujours la musique orientale " avait-il dit. Merveilleuse déclaration d'amour dans une merveilleuse chanson en francarabe. Ah qu'est-ce que j'aime cette musique, cette chanson et le rythme croissant! Je ressens un total bien-être et une totale harmonie. Quelle douceur aussi!


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Peut-on conclure,pour aspirer à plus d'amour encore, par sa chanson "il n'y à qu'un seul Dieu" ?(Olympia aussi)


Du vrai live Olympia (en francarabe)78 ans quand même!


Merci à Lili Boniche pour son talent, sa classe, son charme sa si belle voix et sa culture qui lui ont permit de transmettre son amour pour les autres et pour les algériens!


Voilà, vous avez eu de l'arabo-andalou (mais typiquement algérien) ici. Voici quelques liens précédents où je parle de fusion :
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/10/2-des-quatre-ingrdients-du-flamenco-1.html
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/10/3-des-quatre-ingrdients-du-flamenco-2.html
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/06/1-flamenco-flamenco-coeur-artificiel.html
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/11/6-orient-danses-et-flamenco-1.html
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/06/2-raconte-moi-lalgrie-grand-mre.html
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2009/01/1-regards-sur-lalgrie-part-one.html


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