lundi 5 janvier 2009

1. Regards sur l'Algérie, part one.

ICI vidéo suprimée

l' algérie ( pour toi jeannine) envoyé par katie82130




Merci Katie, je suis extrêmement touchée! Le compte de katie à été suprimé...




Ce billet est la suite de : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/06/2-raconte-moi-lalgrie-grand-mre.html




Mascara Algérie

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitVoici les poèmes que ma grand-mère avait recopiés dans

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un cahier en mémoire de son pays natal, l'Algérie.





Son écriture était tellement fatiguée que j'ai du parfois me servir de cartes géographique pour comprendre ce qu'elle avait écrit ! Peu de temps avant sa mort elle m'avait donné ce cahier et j'ai comprit que c'était une forme de leg.
Mascara Algérie Inutile de préciser qu'il ne s'agit pas là de prendre quelque parti que ce soit, simplement de comprendre la souffrance que peuvent ressentir des gens qui sont nés dans un pays, et ce depuis des générations (même une seule suffit d'ailleurs)et d'être obligé d'en partir. Pour moi cela s'arrête là. Car je trouve normal qu'un pays colonisé veuille son indépendance. D'énormes bêtises ont été dites d'un côté comme de l'autre, il y à même eu désinformation, cela est classique dans l'histoire en général...Je pense aussi et salue bien bas la mémoire des Harkis.

Comme je l'ai dit, une bonne partie de ma famille, depuis 1830, est de Mascara, département de l'Oranie, Algérie, productrice d'un vin légendaire et patrie de l'Emir Abdel Kader, fondateur de l'état algérien.
Ici on ne va parler que d'amour et de nostalgie pour un endroit où l'on est né, où l'on a grandit et d'où on est parti. De plus certains de ces poèmes sont très beaux. .



Tous ces poèmes ne parlent pas que de Mascara, mais de différentes régions de l'Algérie et leurs auteurs, la plupart, ne doivent plus être de ce monde maintenant. Mais c'est leur rendre hommage que de les poser là, car leurs poèmes sont des cris d'amour.






ABD EL-KADER (Mascara, 6 septembre 1808 - Damas, 26 mai 1883) " L'émir Abd El-Kader(né le 6 septembre 1808 près de Mascara en Algérie - décédé le 26 mai 1883 à Damas Syrie), est un théologien soufi algérien, également écrivain-poète et philosophe, homme politique et résistant militaire face l'armée coloniale française "













" Les Algériens et les Français honorent la mémoire d'Abd el-Kader depuis des générations, mais les uns comme les autres n'ont pas toujours mis en vedette les mêmes aspects de la vie et du rôle de ce personnage fascinant et complexe. Pour magnifier sa victoire sur un adversaire indomptable et longtemps invaincu, la France ne pouvait qu'exalter sa bravoure et sa loyauté _ au demeurant bien réelles _, et elle en a quasiment fait l'un des héros de sa propre histoire!



Les Algériens, de leur côté _ en particulier durant la guerre d'indépendance _, ont souligné son esprit de résistance et son action dans la construction d'un pays dépourvu, à la différence de ses deux voisins du Maghreb, d'unité politique en 1830. Mais l'idéologie laïcisante du FLN l'a conduit à négliger sinon à occulter l'influence spirituelle de l'émir. C'est pourquoi les travaux sur Abd el-Kader, peu nombreux, demeuraient tributaires de visions unilatérales; en outre, une grande partie des archives n'avaient pas été explorées.



Portant un regard nouveau, sans passion, et bénéficiant de documents inédits, trois historiens _ deux Algériens et un Français _ de sensibilité différente restituent l'émir en son temps, lui donnant notamment sa pleine stature religieuse et mystique. "




A la fin de ce billet, je mettrais une phrase et un poème d'Abd El-Kader. Mais qui sont les "pieds-noirs" ?




L’Etiquette, (Mieux vaut en rire)

Dans un pays d’Afrique, s’activaient force rats,
Fort peu prisés par les ingrats.
Ils n’offraient à vrai dire des rats que l’apparence,
Transpirant au travail sans beaucoup faire bombance.
Ils n’offraient des rongeurs que l’aspect général,
Car, pour leur origine parfois mal établie,
On trouvait des mélanges, leur ascendant racial,
Etant de provenance variée, indéfinie…
Les uns n’étaient pas rats, mais plutôt campagnols,
Secs, fiers, exubérants comme des Espagnols ;
D’autres, en bons mulots aussi vaillants qu’habiles,
Se réclamaient méditerranéens des îles.
Ils en fut encore qui, actives musaraignes,
Paraissaient débarqués de Naples ou de Sardaigne !
Un très fort contingent de l’espèce gerboise,
Arborait fièrement une moustache gauloise.
Comme le font Bretons, Auvergnats, Alsaciens,
Gascons et Provençaux, Flamands et Parisiens ;
Les plus bruns, les petits, en un mot les souris,
Industrieux, parlaient Judée, Liban, Syrie…
Tant décrit par la presse avec réprobation,
Le rat d’égout repus, n’était qu’une exception.
Tous vivant avec tous en fort bon voisinage,
Cupidon en jouant nous induit mariages,
Qui donnèrent des petits où se trouvaient mêlés,
Le Celte, le Latin, l’Ibère et le Maltais.
Mais aussi bien souvent le Sémite et l’Aryen.
Si bien que l’ethnologue, lui, ni comprenait rien.
La science en défaut, on du se résigner,
A demander l’avis de l’homme politique :
« Comment donc allait-on pouvoir les désigner,
Ces rats diversifiés, de tous point accourus,
Regroupés en son sol par notre République ?
Sans avoir trop discouru Ni consulté un dictionnaire,
En entorse au vocabulaire,
Ils se virent illico classés :
On en fit des rats pas triés !!!

Y. Boullis.
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Nostalgie

Combien j’ai souvenance
Du lieu de ma naissance.
Sol de mes premiers pas,
Faubourg de Mascara,
Région où le soleil,
Dore les grappes vermeilles,
Où le vignoble est roi,
Et s’étend au-delà.
A perte de vue les vignes,
Où mûrissent les raisins,
En beaux sillons s’alignent,
Et longent notre chemin.
Puis dans le Sud j’avance,
Lieu de l’adolescence,

A Saïda j’ai grandi,
Passé presque une vie.
Je garde en ma mémoire,
Comme une page d’histoire,
Le nom de toutes ces rues,
De généraux connus.
Par ces belles nuits d’été,
Où la brume argentée,
Nous prêtait sa clarté,
Comme un dernier baiser.




Douces nuits de volupté.

J.L. Molinos (Paris) « Ensemble »


Algérie

Rien ne pourra jamais effacer la vision,
De tes montagnes bleues et de l’or de tes champs,
Où le soleil couchant joue ses derniers rayons,
Tandis que l’alouette lance son dernier chant.
Les peintres les plus grands n’ont pas sur leur palette,
Tous ces tons merveilleux dont tu sais nous séduire,
Et tu réjouis nos yeux, tu nous tournes la tête,
Et cette admiration, nul ne peut la réduire.
Il y a ton soleil, il y a tes collines,
Tes oueds fleuris et il y a ma maison.
Quand elle fut bâtie de la pierre opaline,
Arrachée à tes rocs juste après les moissons.
J’avais pensé qu’enfin après une âpre lutte,
Je devais vivre heureuse auprès de mes amis,
Mais devant mon chemin comme un caillou qu’on bute,
Le destin m’a chassée ainsi que mes amis.
Il faut abandonner là tous nos souvenirs,
Mais comment oublier la colline aux cyprès ?...
Eux qui de leur sang bâtirent cet avenir,
Peut-on s’éloigner d’eux, notre cœur est si près !

Comme nos blancs moutons qui accrochent leur laine,
Aux buissons épineux le long de tes sentiers,
J’ai accroché mon cœur aux épis de tes plaines,
Et des sanglots secouent mon être tout entier.
Oui mon être se tourne vers toi et prie,
En te tendant les bras il pleure et il crie,
Adieu ! Mon beau pays.

Mathilde Cutz-Laplace.
A ma mère, Henriette Mibelli-Desjardins




Soir algérien

Déjà le crépuscule enveloppe d’un voile,
La nature assoupie, et la première étoile,
Brille au ciel où s’éteint la dernière lueur,
De l’astre éblouissant qui répand la chaleur.
Une sourde rumeur, de la ville lointaine,
Se mêle au bruit de l’eau d’une vieille fontaine,
Et la brise qui souffle apporte des senteurs,
De roses, de jasmin, ces enivrantes fleurs.
Alors une musique au doux charme exotique,
Rempli l’âme apaisée d’un rêve poétique.
Ce sont des airs de flûte et des chants mélodieux,
Venant du café maure où des gens silencieux,
Rêvent en dégustant des boissons odorantes.
Cet instant est propice aux rêveries charmantes ;
C’est l’heure où la pensée s’envole doucement,
Pour un monde irréel et beau infiniment,
Où l’homme libéré des soucis de la vie,
S’imagine être un dieu et ignore l’envie.
Oubliant son ennui peut-être son malheur,
Dans un songe il goûte un court bonheur.
En ce soir algérien, la nuit et son mystère,
Descendant lentement, s’emparent de la terre.

Suzanne Lombard



Souvenirs

C’était un gros village, dans une région de vignes,
Où poussaient l’olivier, le thym, l’eucalyptus,
Il était propre, riant. Les habitants très dignes,
Se retrouvaient le soir à l’ombre des ficus.
Bâti en moins d’un siècle par des vaillants pionniers,
En un site verdoyant mais couvert de palmiers,
Et fier de posséder des monuments de pierre,
Il portait un beau nom, celui de Laferrière.
C’est là que je suis née, c’est là que j’ai grandi.
Pour les miens et pour moi, c’était un paradis.
Ses nombreuses maisons étaient toutes alignées,
Le long des rues bien droites et toutes ensoleillées.
Entourant un grand square planté de hauts dattiers,
Qui préservaient du vent des massifs de rosiers.
A quelques pas de là, la simple petite église
Egrenait chaque jour, de sa cloche fêlée,
L’angélus du matin, du midi et du soir.
L’école, sans orgueil, avait vu ses enfants,
Use leurs tabliers sur de vieilles tables noires,
Sans distinction de race, chrétiens et musulmans,
Apprenant le français, l’histoire et l’amitié.
A la récréation ensembles tous jouaient ;
Les noyaux remplaçaient billes et osselets,
Quand les fruits mûrissaient au soleil de l’été.
Rien ne laissait prévoir, à cette jeunesse unie,
Le sort si déchirant que des fous égarés,
Lui préparait dans l’ombre, depuis quelques années.
La tourmente arriva, alors nous sommes partis.
Il fallu tout laisser : maisons, biens et amis,
Et même nos parents couchés dans cette terre,
A l’ombre des cyprès du paisible cimetière.
Et nous réinstaller dans un monde différent,
Renouer d’autres liens, retrouver des parents,
Vivre, une nouvelle vie, malgré bien des tourments.
Ainsi les années passent. Je vieillis lentement,
Au milieu des braves gens que sont les Bourbonnais.
Mais mon cœur se souvient et rêve de l’Oranais.
Parcourant rues et champs en compagnie d’amis,
Chaque nuit, par les songes, c’est là-bas que je vis !

Salagnac (Août 1978)
“. . . Je professe la religion de l'amour Et quelque direction que prenne ma monture L'amour est ma religion et ma foi ..." Emir Abdel Kader


A suivre. Lire : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2009/01/2-regards-sur-lalgrie-part-two.html

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