samedi 7 juin 2008

1. Flamenco! Flamenco! Coeur artificiel auquel je suis branchée!




ruizramon

" Pour moi le flamenco c'est d'abors un CRI.
Une respiration, une manière d'être au quotidien, aussi bien pour les grandes choses que pour les petites ou banales,
c'est l’expression de la vie dans toutes ses couleurs!

Mais qui a été l'instigateur, le déclencheur, le coupable (rire) de cette passion qui allait me dévorer?
Un gitan de la Camargue.Et complètement à son insu d'ailleurs!

Pourquoi certaines personnes et pas d'autres vont provoquer en soi un déclic qui ne se produisait pas avant?

Là réside toujours un mystère...

Comme plusieurs personnes peuvent vous dire la même chose, avec des mots différents et un jour l'une d'entre elle emploie des mots qui vont percuter pour soi?

A l'époque où je fréquentais Miguel, surtout au début, je ne parlais pas aux gitans de mes activités : danse classique, piano et chant.
Dotée d'une voix d'alto, j'ai fait dix ans de chorale, et même prit deux ans de cours de chant une fois par semaine, que j'avais la chance de ne pas payer car mon professeur de chant, qui était chanteur d'opéra, était amoureux de moi et si ce sentiment ne fut pas partagé, j'ai gardé pendant longtemps avec lui des liens d'amitié.

Il est bien inutile de préciser que la cigarette n'est pas recommandée pour le chant......
Il me faudrait maintenant re-prendre des cours très très intensifs...

Ces cours me furent plusqu'utiles, car je n'étais pas loin à un moment de passer mezzosoprane soliste.
Cela n'a pas été le cas mais je l'ai frôlé.

Au sujet du chant : Savez-vous quel est le SEUL opéra composé pour illustrer un roman connu, certes, mais uniquement POUR UNE VOIX DE MEZZOSOPRANE?

CARMEN!

Le SEUL opéra où il y à des choeurs d'enfants? CARMEN!

S'il y à un mélomane qui me contredit, j'en serais ravie, j'adore apprendre et reconnais mes erreurs.

"Carmen" d'après le roman de Prosper Mérimé, mit en opéra par Bizet à été créé pour une voix de mezzosoprane : C'est -à dire que toutes celles qui ont interprété Carmen étaient souvent des soprane, soit, mais ne montaient jamais en soprane dans le chant.
Contrairement à Michaela, la fainçée de Don José, qui chante en soprane.


J'étais avec Miguel et je voulais comprendre les gitans : J'entendais surtout des rumbas camarguaises, plus commerciales, et peu de flamenco. Mais quelques fandangos, quelques accords de bulérias attrapés ci et là chez l'un d'entre eux‚ éveillèrent en moi un feu nouveau!

Je me rappellerais toujours ce moment où un gitan à joué quelques notes de flamenco et m'a dit : "C'est du flamenco". Je lui ai répondu : "Je sais!" mais à cet instant même je me suis sentie brûler et ma vie en a été changée.
Moment magique et fugace où se révèle à l'insu de celui qui en est la cause, un bouleversement sans précédent chez son interlocuteur. Je pense qu'à c e moment il y à comme une harmonie ambiante propice aux révélations.

Je saisis tout de suite l’intérêt de cette découverte. Le Flamenco, c'était leur âme! Tardivement dans ma vie je m'approchais du flamenco, et ce fut une révélation. Je voulais comprendre son origine, car c’était comprendre les gitans. C'était aussi, à distance, me sentir reliée à eux.

J'enregistrais des émissions sur France Culture, collectionnais les disques et les lasers sur le cante flamenco. Et je découvrais un monde nouveau devant lequel j'étais passée pendant des années, sans y prêter attention. Je me guidais seule dans cet extraordinaire dédale. L'histoire du flamenco est poignante et mystérieuse, sa structure musicale très particulière. J'avais maintenant deux univers : le classique et le flamenco aussi intense et éblouissant l'un que l'autre.
Je découvrais la richesse et la beauté du flamenco cante jondo, je découvrais une multitude de chanteurs les "anciens" et les "modernes". Je fus aspirée par une nouvelle passion.

Je planais dans l'univers sublime et déchirant des tonas et des siguirillas. Je vibrais sur les soléas et les Bulérias. Ramassée sur moi-même ou exaltée‚ j'étais propulsée dans un monde dont j'étais constamment assoiffée : Je ne pouvais plus atterrir. J'eus un jour un léger accrochage en voiture parce-que je n'avais pas vu freiner devant moi, et que j'étais emportée par une Bulérias. J'en éprouvais d'ailleurs de la honte, telle une mauvaise élève, car le flamenco m'apprenait pourtant la maîtrise! Une autre fois, je donnais des émotions fortes à mon passager qui, la voix tremblante, vert, m'indiquait les tournants, parce que je me pâmais au volant en écoutant Orora Vargas interprétant un Tango.



Voiciune très belle video d'Aurora Vargas!

De : eryely

Je fis des cassettes sur l'histoire du flamenco, que je donnais aux gitans, sur leur demande. Car tout le monde ne connaît pas obligatoirement les origines profondes du flamenco.
Lorsqu'un spectacle de flamenco se déroulait dans ma région, comme au Puy en velay par exemple, je pouvais faire cent kilomètres en voiture, même seule, pour y assister, et je m'enivrais. Tout dans le flamenco pour moi était prière. C'était l'osmose entre la terre et le ciel.

Je désirais apprendre le flamenco, et comme parfois dans la vie lorsqu'une chose doit se faire elle se fait, tout se réalisa car on m'indiqua un professeur de flamenco, Hélène, et je pris des cours. Je découvrais la difficulté de la danse flamenco, mais aussi sa beauté‚ son miracle : Voilà une danse que l'on pouvait pratiquer à tout âge et qui embellissait toutes les femmes ! Je n'ai jamais eu autant mal aux pieds, parfois des douleurs atroces, surtout au début. Mais je ne pouvais pas me passer du Flamenco. Je me faisais mal au corps pour ne pas avoir mal au cœur. A travers ma solitude, j’écrivis un jour à ce gitan : "Flamenco ! Flamenco ! Cœur artificiel auquel je suis branchée". Et je redescendais dans le sud.

Lorsque je fus plus sûre de moi, je lui montrais quelques pas qui me posaient problème, et il essayait de m'aider. Il me donnait des cours improvisés! J'étais à chaque fois stupéfaite et...désespérée de constater avec quelle facilité il les exécutait, il dansait comme s'il respirait...alors que nous, les élèves avions parfois tant de difficultés pour certains pas!(rire)

Les gitans apprirent que je tentais de m'initier, et j'eus l'occasion de danser des rumbas dans le sud, ce que je n'avais jamais fait. Je ne voulais pas, j'étais débutante! Mais la première fois, on me balança des coussins sur la tête devant le public qui riait et je dansais tant mal que bien. Le lendemain, des gens m'accostaient dans la rue pour me demander s'il y avait un spectacle le soir. Coincée entre le fou rire et le trac, je répondais oui. J'étais payée en retour, car les gens naïvement me croyaient faisant partie du groupe des musiciens. C'est cela les gitans ! Ils ont l'art d’être opportunistes et d'enrichir leur spectacle avec des éléments extérieurs dont je fus. En dehors du fait que pour eux, la musique est partout, et n'importe quand. Elle n'a pas de lieu et peut s'improviser où bon leur semble. La fête se crée aussi en dehors des moments traditionnels.
J'étais liée aux gitans par la musique. Elle est l'essence de toutes choses. Elle est d'essence divine. Tous les textes mystiques attestent de sons ou de chants célestes. Certaines légendes aussi : A l'instar de la tour de Babel, une histoire gitane raconte le lien étroit existant entre la spiritualité‚ et la musique. L'homme, ignorant que la divinité se trouve d'abord en lui-même, construisit une tour pour se rapprocher de Dieu, mais elle penchait, et aucun gitan ne trouvait la solution pour empêcher le danger imminent. L'un d'entre eux, Nemrod, imbu de lui-même, se prit de fureur contre les Dieux, et les provoqua. La colère divine tomba sur les tribus installées dans la tour, qui s’écroula. Les tribus ne pouvaient pas se comprendre, car chacune parlait une langue différente. Et dans la tourmente, cela ne déclenchait que des querelles.

Citation : « Seule, une tribu qui avait eu la sagesse d'apprendre à jouer de tous les instruments, à chanter et à danser toutes les danses, était plus sereine. Ses membres travaillaient aussi l'osier et le métal. Ils décidèrent alors de partir et tracèrent sur le sol les "Tchar droma" c’est-à-dire dire les "Quatre routes", le premier et initial symbole de la croix ». (La symbolique gitane)























De temps en temps, une à deux fois par mois, venait dans ma ville un autre professeur de flamenco, Paco el Lobo. Il animait des week-ends stage. Paco est gitan, et je l'admire pour ses qualités pédagogiques et sa gentillesse. J'étais si heureuse d'avoir des échanges avec un gitan, dans ma ville!
Le hasard mettait tout en place pour m'aider à danser ce qui trépidait en moi, pour toujours être proche des gitans, d'une façon ou d'une autre. Car Hélène n'avait monté sa troupe que depuis peu.

Paco s'asseyait sur une chaise, décontracté‚ et en souriant nous encourageait, nous disant que l'erreur est naturelle, sinon nous n'aurions pas besoin d’être là. Il disait aussi....que le flamenco, ce n'était pas si compliqué que cela (rires)
Il prenait sa guitare et nous guidait avec une patience infinie. Alors la timidité‚ les complexes s’évanouissaient. Nos pas cadencés et le martèlement de nos chaussures résonnaient, le rythme nous enveloppait. Pour qui arrive dans un cours de flamenco en novice peut-être effaré par le fracas produit par le zapatero, d'autant plus que ces pas ne sont pas toujours à l'unisson! Les rares fois où j'arrivais en retard, ce fracas même faisait battre mon cœur... C'était ma marche intérieure, l'amour de la terre. Il m'enracinait enfin, moi qui avais tendance à avoir la tête dans les nuages par rejet des blessures terrestres. Il me réconciliait avec le monde. Le flamenco m’insufflait la vie. J'avais à chaque fois l'impression de marcher vers les gitans de la Camargue.

J'étais toujours étonnée lorsque Paco nous donnait des cours, ce ce que nous êtions au début du cours et de ce que nous réussissions à faire à la fin, c'était comme un miracle à chaque fois, en finale! C'était un très bon pédagogue.
Et que de fêtes nous avons fait, que de moments partagés!

Paco était fier et noble. Il voulait avant tout promouvoir le flamenco, il vivait de sa passion et sa qualité de vie passaient en second. Quand les enfants lui demandaient ce qu’était le flamenco il répondait :

"Imaginez une cocotte minute sous pression depuis deux siècles. Dedans, il y à quatre ingrédients : Du gitan, du juif, de l'espagnol et de l'arabe. Un jour le couvercle a sauté et cela a donné le Flamenco".

Une splendide video, pour illustrer ce que dit Paco
(Oriental & Flamenco Gypsy) :


Oriental & Flamenco Gypsy Festival 07
de gypsyfestival


Paco jouait, chantait avec toute son âme. Et quand, après un arrêt, il nous faisait cadeau d'une tona , je frémissais au plus profond de moi-même. Un silence religieux s'ensuivait, encore vibrant de sa voix, plainte interminable qui s’étirait dans chaque atome de notre être. J'affectionne particulièrement la tona, qui a le don de bercer mes peines. Elle me fait descendre dans les tréfonds de moi-même, pour enfin m’ôter la douleur. C'est une alchimie de la tourmente. La plainte est supplantée par le calme intérieur. La tona est un baume sur les plaies de mon âme.

Entre élèves passionnées, nous nous disions que le flamenco était plus qu'une passion mais une folie si nous n'y prenions pas garde. Nous le comparions à une drogue. Nous tentions, en discutant, en riant, de surmonter quelque chose qui nous envoûtait. Car le flamenco est passion, envoûtement.



Je m’interrogeais alors sur la passion et sur l'amour, et j'essayais en même temps de comprendre le sens du terme "flamenco". Car je sentais confusément un lien entre tout cela.
L'histoire du flamenco garde elle-même une part de mystère, et ceux qui travaillent dans les Penas flamencas (groupes de recherche sur le flamenco) s'accordent à le dire.

Depuis longtemps je correspondais avec mon premier psychanalyste de Paris, Jacques Hassoun . Juif d'Alexandrie, écrivain, et surtout poète, sa personnalité et ses écrits me fascinent, telle la mélodie du charmeur de serpent. Chez Jacques Hassoun, l’interprétation psychanalytique et la poésie s’entremêlent, racines dans les eaux troubles de notre inconscient, surgissant lentement, plantes grimpantes embrassant la terre, odoriférantes‚ s’enivrant d'air; explosion de parfums, de couleurs, éclosion de jardins suspendus.

Ayant déménagé, je continuais à maintenir des liens épistolaires avec lui. J'ai toujours très mal supporté les séparations. Il répondais infailliblement à toutes mes lettres. Lorsque je lui fis part de mon questionnement, il m’écrivit qu'il travaillait sur ce sujet depuis un an, et que son livre "Les passions intraitables" sortait en librairie dans une semaine! Je l'achetais aussitôt. Je n'oublierais jamais la surprise de la libraire lorsque je le lui réclamais alors qu'il venait juste d'arriver en vente!

Et je fus stupéfaite et ravie d'y trouver dés l'introduction, une analogie entre la passion et le flamenco.

Laissons à Jacques Hassoun, dans le style éblouissant qui est le sien, la parole :

"Nous suivrons ce dédale, cette piste, comme tenterait de le faire un auditeur naïf dans sa tentative de suivre les structures complexes d'un fragment de musique andalouse. Austère et savante comme le cante jondo, ample comme le cante grande, torturée et spectaculaire dans le cri qui soutient le cante chico, érotique et funèbre dans la chorégraphie qui l'accompagne, la passion au même titre que le chant flamenco est en proie à ses duendes, ses démons, qui bousculent jusqu’à la folie l'existence de celui en est la proie, au lieu même d'une attente insue; lieu où va se rejouer le drame d'un deuil impossible et de la jouissance Autre. Comme la passion, le flamenco est l'expression d'un exil. Ne dit-on pas de cette musique qu'elle tire son nom des chants nostalgiques que les Andalous cantonnés dans les Flandres et les Pays-Bas modulaient pour évoquer leur province natale ?
A leur retour, ils entendront nommer "chants flamands" ce qui était pour eux l'expression même du déchirement andalou".


Même à distance, les gitans du sud me faisaient danser. A travers la musique et la danse je tentais de sublimer ma soif d'amour, sinon d’exorciser un feu intérieur, mes déceptions, mes propres « duendes». Le Flamenco devint pour moi un exutoire, et progressivement une thérapie. Il fit surgir la surprise d’émotions jamais éprouvées auparavant! Ce fut très fort. De nouveau sentiments traversaient mon corps, quasi tangibles, et extrêmement profonds, dont je prenais physiquement conscience. Comme une immense colère par exemple, qui m'étonnait...Et cela était le cadeau en retour, distillé dans ma chair, une réponse à mon exil. Car je me sentis définitivement enrichie.

Ces années furent celles où j’eus le temps d'utiliser mon énergie au maximum : Danse classique deux fois par semaine, flamenco une fois par semaine et un week-end par mois. Quand je ne faisais pas l'aller-retour en train quelques samedis pour prendre des cours au Quartier du Marais à Paris, et revoir Jacques Hassoun! Chorale une fois par semaine et un week-end par mois avec représentations‚ piano et répétitions de l'orchestre auxquelles j'assistais régulièrement. Je faisais déjà de l'écoute consciente de la musique sans le savoir.
Mais la sublimation n'est jamais totale, d'autant plus que je ne créais pas, j’exécutais‚ du moins j'essayais. En puisant dans mon énergie, je la décuplais, elle me rendait à la fois plus forte, mais mettait aussi ma sensibilité à fleur de peau.

Je tentais de tricher avec mon désir en faisant de l'humour : "Il y a des hommes qui font marcher les femmes, d’autres qui les font courir. Moi, les gitans me font danser!". Mais je savais bien que c'était une figure de style, et que tout ce que je faisais était un appel à l'amour. Car si la danse est communication, elle est d'abord pour moi une plainte adressée aux autres. Puis pour des raisons que je ne peux dire ici je du arrêter le flamenco. Ce fut pour moi une forme de mort" extrait de mon manuscrit.
Et une blessure toujours ouverte!

Alors plus tard tout en continuant la danse classique, je prendrais, pendant une année des cours de danse orientale et plus longtemps de la danse zaïroise, mais j'en reparlerais!

Un petit aperçu de la danse orientale, j'adore. Pour la première video, la deuxième partie est plus intéressante au niveau danse je trouve :


et une autre de Didem, turkish sexy belly dance :


Didem - Turkish sexy belly dance -6
envoyé par sayit

"Comme la passion, le flamenco est l'expression d'un exil". écrit Hassoun : A travers le tempérament des gitans en particulier,je continuais une recherche inconsciente mais réelle de mes racines qui se révelera peu à peu à moi, quelque chose de très profond et qui m'apparaitra de plus en plus évident : L'Algérie

Expression de l'exil aussi, cette rédaction de passion gitane, exil d'Ajaccio....

Tentative de sublimation...

Flamenco réconciliation....

J'écrivais sur un site, il y à quelques jours : " J’ai vu les trois volets du reportage de Mr Gilles Perez et j’en ai été bouleversée, j’ai même pleuré. Je suis fille (ma famille est de Mascara depuis 1830) de pieds-noirs et j’ai toujours porté en moi l’Algérie, sa beauté et ses drames.
J’ai eu à la fois honte et éprouvé de la peur autrefois d’être enfant de pieds-noirs, et n’osais en parler.
Le reportage de Gilles Perez que je trouve remarquable, de pudeur, de simplicité et d’objectivité m’a énormément marquée et ôté d’un poids, c’est très important.
Car mes parents et mes ancêtres m’ont légué leur amour de l’Algérie et leur souffrance, aussi.
L’amour mais pas la haine…. Même si ce n’est pas simple.(je voulais dire pour tout le monde)
Je pense que nous, enfants de pieds-noirs devons vouloir la paix, en nous, autour de nous.
Merci à Monsieur Gilles Perez de ce bouleversant et vrai documentaire : Je pense qu’il a été entendu.
Je suis très émue!"J.V. Fleur de Corail

Au sujet de la remarquable trilogie : "les pieds-noirs, histoire d'une blessure" de Gilles Perez

Donc ce soir, je publie deux billets : il y à la suite!

Pour terminer, je remets cette video, elle est trop belle (flamenco pur et moderne) :




Voir :

P.S. J'ajoute aujourd'hui que ce qui est écrit est autobiographique et personnel : extrait d'un manuscrit. Le 03/01/2011

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