mardi 7 octobre 2008

3. Des quatre ingrédients du flamenco 2.

Au niveau contemporain, voici maintenant, une vidéo de Yasmin Levy, dont j’ai reporté les propos récemment « La Juderia », qui sont une très bonne analyse des mouvements des influences dans l’art.

« J’embarque pour un voyage musical vieux de 500 ans, ramenant le Ladino en Andalousie et le mêlant au flamenco, ce style qui porte en lui le souvenir musical du vieux monde Maure et Judéo-espagnol, avec les sonorités du monde arabe. C’est d’une certaine façon une « réconciliation musicale » de l’histoire.
La musique est tellement plus forte que la politique » écrit-elle


Voici « la Alegria » extrait de son album « La Juderia », Yasmin Levy est une nature exceptionnelle !
Une voix de soprano, et la beauté et la sensualité, ce qui ne gâche rien.
Mais surtout un style fort qu'elle a elle-même inventé et qui se fait de plus en plus entendre.



Le parcours de Paco el Lobo est autrement intéressant, different. Car si Yasmin Levy à Jerusalem est sur les traces de son père, Paco lui, s'est réapproprié un héritage qu'on ne lui avait pas légué mais dont il connaissait l'existence et qui l'aspirait:

Biographie, Article : " Parcours insolite que celui du cantaor, guitariste Paco El Lobo (" On m'appelle le loup, Car dans mon coeur, hurle le flamenco "), il est gitan, né à Paris.
Il découvre le flamenco par disques.
Lequel, dès l'adolescence, file en Espagne à la recherche de racines qui s'appelleront Pepe el de la Matrona, Rafael Romero, Juan Varea, lesquels l'initient au flamenco, cet art né en Andalousie au XVIII ème siècle parmi les gitans et les classes les plus défavorisées. Adoubé par ces maîtres, il parfait sa connaissance du compas ( l'ensemble des rythmes du flamenco)


dans divers tablaos (Cafe de Silverio, Barcelona, La Cueva, El Flamenco...), ces cabarets où le chant accompagne avec minutie le mouvement des danseurs. Et c'est en1981, lors du premier festival de flamenco de Paris aux côtés de Manuela Carrasco, Enrique Morente, Carmen Linares, Juan et Pepe Habichuela, qu'il se révèle pleinement aux yeux des spécialistes. Par la suite, sélectionné pour la Biennale de Séville il collabore avec de nombreux artistes (Patrick Bouffard, Thierry Robin, Marc Loopuyt, Sapho, Idir, etc) ; s'investir dans la pédagogie, et et enregistre sous son propre nom. Il y a quatre ans, la parution de


" Grito " nous révélait un artiste en pleine phase d'affirmation, séduisant il collabore avec de nombreux artistes (Patrick Bouffard, Thierry Robin, Marc Loopuyt, Sapho, Idir, etc) ; s'investir dans la pédagogie, et et enregistre sous son propre nom. Il y a quatre ans, la parution de " Grito " nous révélait un artiste en pleine phase d'affirmation, séduisant par la variété de ses approches qu'il s'agisse de buleria, martinete, sevillana ou alegria. Son nouveau répertoire, " Aficion "



(label Buda), hommage indirect à ses inspirateurs (de Mairena à... Camaron), pousse plus loin la quête. De buleria en solea et de rumba en fandango, Paco El Lobo, avec sa voix âpre et son style sans affèteries, s' y affirme avec grace et duende. Un cante maduro, au plus vif du verbe, tout simplement jubilatoire. »



Voici une vidéo de Paco el Lobo lors des rencontres "Convivençia" cet été à Arles. J'ai toujours été empoignée par sa voix!


Paco El Lobo Convivencia 2008
envoyé par sloteur

Dans un aticle précedent j'écrivais spontanement "flamenco reconciliation", Yasmin Levy parle aussi de réconciliation, elle dit que la musique est plus forte que la politique...

Et moi je pense :
L'art réunit, confond et synthétise différentes cultures, peuples, qui en dehors de cela peuvent se faire la guerre.
Je trouve cela très étrange…
Le flamenco est né de races, cultures et religions différentes.C'est dans le quartier de Triana près de Séville au sein des grandes familles gitanes, que l'Espagne à accouché du flamenco, après cette longue gestation.
Nous sommes tous les maillons d'une chaîne, et sans " les autres" le flamenco n'existerait pas!
On devrait en avoir tellement conscience...
Il me semble qu'être flamenco c'est être dans l'ouverture et la tolérance, dans l'acceptation de la coexistence de personnes différentes de soi, avec des opinions différentes.
Sans toutes ces différences, le flamenco ne serait pas né!
On ne devrait pas pouvoir "être flamenco" et ternir cet art par la vibration de pensées négatives....
On devrait pouvoir être flamenco et dire, à la façon de Luis Ruiz :
" J'ai envie de voir ta couleur,
De prendre ta main.
D'aimer ton odeur,
Parce-que je suis gitan! "

" Slameur d'origine gitane et écrivain, Luis Ruiz prône l'égalité des peuples et le respect, espère ouvrir par son art et son écriture, élargir le regard du monde sur les rroms, les gitans... affirmant son identité haut et fort, vers une reconnaissance mutuelle."

Dans cette vidéo où il est magnifiquement accompagné à la guitare par Paco el Lobo :


Luis Ruiz Convivencia 2008
envoyé par
sloteur


Paix à Tous!

A bientôt...........Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit


Précedent billet sur le flamenco et Paco : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/06/1-flamenco-flamenco-coeur-artificiel.html
Ce billet est la suite de :

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