mardi 9 février 2010

2. Liberté

Sortie le 24 février 2010 Réalisé par : Tony Gatlif

Avec : Marc Lavoine , Marie-Josée Croze , James Thierree

(20 février 2010 : voir ajout en bas du billet)



Théodore, vétérinaire et maire d'un village situé en zone occupée pendant la Seconde Guerre mondiale et Lise Lundi, l'institutrice, font la connaissance d'une famille de Tsiganes installé sur leurs terres. L'institutrice tente notamment de scolariser les enfants. Mais la joie et l'insouciance sont de courte durée : d'abord interdits de circulation, les Tsiganes sont bientôt enfermés dans des camps spéciaux. La pression de la police de Vichy et de la gestapo s'intensifie peu à peu et le danger menace à chaque instant.
C'est le destin d'une famille tsigane dans la France occupée de 1943... Liberté nous emmène dans le sillage d'une famille Tsigane avec son chef de clan - une femme - et son "héros", Taloche, un bohémien fantasque encore enfant dans sa tête qui vont être aidés par Théodore et l'intitutrice.


Enfin un film uniquement consacré à la déportation tzigane!


On en parlait avec une amie gitane au téléphone et je lui disais : " Ce serait bien si Tony Gatlif faisait un tel film " elle aussi le souhaitait et voila!

Tout arrive.. lentement mais sûrement! Je suis gadji, mais j'ai tellement prit à coeur cette cause des gitans, pour diverses raisons, que je remercie du fond du coeur Tony Gatlif, en tant que défenseur des Droits de l'Homme, de porter à l'écran un film qui parle du poraimos (l'équivalent de la shoa des juifs)

Merci tony Gatlif !
Je ne peux pas être déçue par le film, jusqu'à présent, aucun de ses films que je connaisse ne m'a déçue.
Ensuite, on peux toujours emettre diverses critiques mais je pense d'avance que dans l'ensemble...mais chut! Attendre...


" Tony Gatlif, né le 10 septembre 1948 à Alger en Algérie, de son vrai nom Michel (Boualem) Dahmani, est un réalisateur français, également acteur, scénariste, compositeur et producteur de films

Tony Gatlif est né d'un père kabyle et d'une mère gitane. Après une enfance à Alger, Gatlif arrive en France en 1960 en plein durant la Guerre d'Algérie. S'ensuit un parcours difficile et éclaté, qui ira de la maison de redressement à une rencontre avec l'acteur Michel Simon en 1966, en passant par des cours d'art dramatique. Il joue alors dans des pièces de théâtre puis réalise son premier film en 1975, La Têt en Ruine.
À partir de 1981, il aborde le thème qu'il approfondira de film en film : les Roms du monde entier, dont il devient à bien des égards le chantre, séduit par une « communauté en mouvement » et par un « univers sonore et musical » d'une très grande richesse et d'une grande diversité. Cependant, manifestement étranger à l'idée d'un rattachement exclusif à une communauté, Gatlif se définit lui-même comme un « méditerranéen » de plus il se détacha des pays arides pour composer les douces mélodies du sud, c'est un concessionnaire lateram " extrait Wikipedia

Voici un court extrait d'un entretien de Tony Gatlif sur son film (lien prit sur le blog "Notre Route" Voir l'article "Nous avons besoin de vous tous"

http://vlabbe.blogspot.com/2010/02/nous-avons-besoins-de-vous-tous.html

Entretien réalisé par Julien Camy et Vicky Bérardi (Agora FM)

http://www.le-patriote.info/spip.php?article3037#forum14596
J'aime beaucoup ce que dit Gatlif sur les débats sur l'Identité Nationale!!!


Extraits :
"le Patriote"- Quelle est l’importance pour vous de Liberté ?


- Ce film aura de l’importance en France et en Europe car c’est une partie oubliée de l’histoire. C’est dans ce sens que Liberté est important pour l’histoire française et pas que pour moi ni pour les Tziganes. Les Gitans ont souffert et maintenant, c’est fini, cela ne fera revivre ceux qui sont partis. Eux ne parlent pas de ce qui s’est passé mais du présent. A chaque fois, ils essayent de faire admettre ces 250 000 à 500 000 tziganes, gitans manouches qui furent exterminés par les Nazis et leurs alliés. Ce film essaye de l’expliquer, de montrer cette histoire car elle est inhumaine pour que la France et l’Europe reconnaissent ce qui s’est passé.Peut-être qu’un jour, dans quelques années j’espère, on étudiera cela à l’école. Ce ne sont quand même pas des mouches, ce sont des êtres humains. On connait combien d’Indiens ont été tués, beaucoup de massacres du monde entier sont répertoriés. Mais pour les tziganes non. Ce film désire y contribuer car cela fait partie de notre patrimoine comme quand en 1930, 1940 ou 1950 dans un village français, une roulotte passait. Les enfants doivent se demander aujourd’hui, où sont ces roulottes évoquées dans les bouquins, souvent très folkloriques avec des bohémiens qui chantent, lisent les lignes des lignes de la main. Mais ici, ce n’est que du folklore.Et c’est bien évidemment notre mémoire à tous. Pas seulement celles des victimes tziganes qui sont victimes. C’est très important que l’on reconnaisse ce massacre et que l’on ne le dénigre pas pour éviter que cela puisse recommencer "
- Ce film a-t-il été difficile à réaliser ?

- Il fut dur à accoucher… à faire partir. Mais une fois lancé, cela allait. On savait comment éviter les pièges, notamment celui de l’accusation. Car il ne fallait pas arriver en tant que juge envers ceux qui ont fait ça. Nous n’étions pas là à l’époque et ce n’est plus l’heure du jugement mais celui de la reconnaissance et de la réconciliation. C’était dur de prendre de telles positions.

- Vos deux personnages principaux sont des Justes... Pourquoi ?
- C’est grâce à eux que j’ai fait ce film car je ne pouvais par écrire un film sur l’histoire d’un massacre. Qu’est ce qu’il véhiculerait alors comme espoir ? Il me fallait donc deux personnages positifs qui donnent exemple et j’adore les Justes. Ces personnes en ont aidé d’autres qui n’étaient pas de leurs familles, de leurs racines, de leurs pays, au détriment souvent de leur propre vie mais aussi de celle de leurs enfants – je parle des Justes en 1940 – et qui ont aidé ces juifs ou ces gitans. Ils les ont cachés. Je trouve ça superbe de donner sa vie pour un autre que l’on ne connait pas. Ils savaient très bien que les Nazis pouvaient arriver à chaque instant et tuer toute leur famille.


- Dans tous vos films le fil rouge semble cette liberté d’ailleurs ?

- Oui, des Princes (1982) – et même avant - jusqu’à aujourd’hui, ce sont presque tous les mêmes films avec des sujets différents. Je suis comme un paysan qui sillonne sa terre. Il faut creuser dans le même sillon sans jamais faire de zigzag dans sa propre terre. Quand on est toujours dans sa trace, c’est qu’on a toujours des choses à dire et que l’on n’a pas fini de les dire.

- Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale ?
- Je porte trois cultures : gitane, berbère, française. Elles ne se sont pas mélangées, elles se sont enrichies les unes avec les autres. Alors, je ne vois pas pourquoi on parle maintenant d’identité. Quand je vais présenter mon film aux Etats-Unis ou au Japon, c’est un metteur en scène français qui vient, pas un metteur en scène gitano-berbère. C’est un cinéaste français parce que j’ai la nationalité française et la culture française. Et j’en suis très fier mais je garde aussi la mienne, celle de mes ancêtres, celle de mon âme. Il est hors de question que je m’en sépare. Et c’est ce qu’ils veulent dire dans ce gouvernement avec leurs petits mots un peu perfides comme intégration. Ils veulent tout effacer comme pour les Bretons. « Vous ne parlez plus breton ou vous n’êtes plus français ». Non, non ce n’est pas possible, on n’effacera jamais notre culture. C’est avec elle que je fais des films. "

J'ai déjà posé des vidéos de films de Tony Gatlif ici :

http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2009/09/6-sideration_25.html

http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/07/3-latcho-drom-bonne-route-des-vacances.html

http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2009/06/3-partons-en-voyage_08.html

Je termine par un très beau chant flamenco dont certaines intonations dans la voix du chanteur n'est pas sans me rappeler un ami espagnol-gitan disparu, Tonio Moraito de Almeria, guitariste et chanteur lui aussi!

Ce chant est dans un film de Tony Gatlif "Exils " que j'aime énormement et pour cause...
Car c'est dans le flamenco que j'ai moi aussi retrouvé mes raçines, je l'ai écrit avec mes petits mots dans :

http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/06/2-raconte-moi-lalgrie-grand-mre.html

Zano, fils de pieds-noirs, qui n'a jamais connu l' Algérie, propose à sa copine Naïma, d'origine algérienne, qui n'a jamais connu son pays et ne parle pas l'arabe, sa langue maternelle donc, de partir pour l'Algérie, en traversant la France et l'Espagne, pour connaître la terre qu'ont dû fuir leurs parents....

Fin du film :

envoyé par marlucha


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Voir suite de ce billet : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2010/02/4-de-tony-gatlif-django-reinhardt.html


P.S Je viens de poser dans liste des liens sur le côté celui du site officiel de Tony Gatlif où l'on peut y voir deux vidéos : la bande annonce du film et des moments du tournage

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