mardi 2 mars 2010

1. Liberté : La rafle des commentaires !

Je rafle les commentaires Lol! sur mon blog ou autre, qui seront posé ici au fur et à mesure de leur publication, ceci pour les lecteurs du blog (tout avis est important! C'est bien vous qui allez au cinéma ?!).... Donc le billet s'allongera ainsi. Pour que les gens aient une idée plus précise du film…où de votre ressenti, aussi simple qu'il soit.

Anonyme a dit...
Je salue bien bas Tony Gatlif pour ce très beau film sur le destin des gitans pendant la seconde guerre mondiale ! Haut en couleur et en musique, en émotions teintées à part le personnage de Taloche qui est remarquable, un simple d’esprit avec ses émotions à vif, les coutumes gitanes et l’humour effectivement même si le film s’achemine vers le drame, il fallait qu’un film comme celui-là se fasse ! Tous les films sur la déportation se ressemblent si j’ose dire, c’est toujours le même scénario de souffrance et de barbarie, mais là nous sommes au sein d’une famille tsigane, puisqu’elles étaient toutes disséminés, chacune faisant sa route, et nous plongeons dans leurs intimité et leur destin qui n’est pas tout à fait comme celui des juifs puisqu’il y à eu aussi les camps en France. C’est pour cela qu’il faut aller voir ce film, car il n’est pas comme les autres..On découvre les gitans, un autre monde et ce qu’ils ont vécu ! C’est du Gatlif, avec ses musiques, ses chants magnifiques, la vie intense, un hymne à la liberté ! Ce qui est bien démontré c’est cette nécessité de la liberté inhérente aux nomades. C’est très beau, un grand film et comme tu le dis, une porte ouverte !

Brocéliande
" Tuer le nomade c'est tuer la part de rêve où toute la société va puiser son besoin de renouveau ". Proverbe tzigane
2 mars 2010 10:36


Fleur de Corail a dit...
Merci Brocéliande. Hymne à la liberté au point que dès le début du film les cordes des barbelés vibrent les unes après les autres comme des cordes de guitare ou de violon au son de la musique, imprégnées, porteuse de l’âme tsigane, écho de la souffrance passée ! Magistrale idée de Tony Gatlif ! La musique subsiste, éternelle, envers et contre tout ! Taloche en tant que « simple d’esprit » est en prise directe avec ses émotions, il n’intellectualise pas, ne peut rien contrôler, et en ce sens est la résonnance de toutes les émotions de la communauté… et du spectateur ! Même sa mort est poétique : l’eau dans laquelle il s’était défoulé, l’eau qu’il voulait libérer, il s’y est confondu. J’ai été le voir deux fois… Car dès la première fois, le film « me manquait » . Et paradoxalement, la deuxième fois, mes émotions ont été à vif plus tôt. Je voulais vérifier quelque chose et en fait je pense que j’avais besoin de « liquider » un trop plein.Ce film est différent oui Brocéliande, pour qui ne connait pas assez bien les tziganes. Il nous fait entrer dans un univers peu habituel par rapport aux autres films sur la déportation, la découverte des gitans. Tony Gatlif n’a pas voulu entrer dans le drame tout de suite et complètement. A part la scène deuxième finale de l’arrestation que l’on sait irréversible, et que j’ai trouvée poignante où Taloche ne veut pas lâcher la roulotte, se cramponne à la roue (c’est un scène très forte), on se demande jusqu’où va aller la barbarie, on vit une émotion très intense !
2 mars 2010 13:10


Evene :

Les critiques [evene] le 15 Janvier 2010 par Etienne Sorin
Depuis plusieurs décennies, Tony Gatlif arpente deux pays qui n’existent pas : le cinéma et la Tsiganie. Et, comme tous les vrais cinéastes, Gatlif fait toujours le même film mais sans jamais se répéter. Avec ‘Liberté’, il s’aventure du côté de la "page d’histoire", un genre plutôt casse-gueule où il a tout à perdre. "J’avais envie de faire un film sur l'extermination des Roms depuis que j’ai commencé à faire du cinéma. Mais le sujet me faisait peur", avoue Gatlif. Il finit par trouver l’histoire de Tolloche, un destin funeste qui tient en quelques lignes. Tolloche devient à l’écran Taloche, incarné par James Thierrée, petit-fils de Chaplin et star du spectacle bien vivant. Thierrée, cheveux hirsutes et barbe drue, est l’un des rares non-gitans de la tribu du film, et par un joli paradoxe, c’est lui qui porte l’âme tsigane de façon incandescente. Paradoxe très relatif puisque saltimbanques et manouches ont beaucoup de choses en commun. La caméra de Gatlif le montre comme un corps en liberté, sauvage et sensuel. Idiot - non pas au sens de crétin mais de celui qui parle sa propre langue, un langage du corps en l’occurrence -, poète sans paroles et musicien rebelle qui donne au film son rythme, son tempo, Taloche est un personnage symbolique qui empêche le film de tomber dans le naturalisme et le didactisme. ‘Liberté’ n’en est pas moins une voix qui brise le silence qui entoure Samudaripen (le génocide des Roms). Sur 2 millions de Tsiganes vivant en Europe pendant la guerre, entre 200.000 et 500.000 ont été exterminés par les nazis. Pendant longtemps, les Tsiganes ont eu peur des fantômes et n’ont pas voulu réveiller leurs morts. Gatlif, lui, ne craint pas les fantômes du passé. Il se méfie plutôt des amnésiques du présent.



Le Parisien :
"....OEuvre énergique, puissante et bouleversante, « Liberté » lève pour la première fois le voile sur un drame occulté dans l’histoire : l’holocauste des Roms. Sur deux millions de Tsiganes vivant en Europe pendant la guerre, entre 250 000 et 500 000 ont été exterminés par les nazis dans une quarantaine de camps de concentration. Les archives qui en témoignent sont peau de chagrin. C’est en tombant sur l’histoire de l’une de ces victimes, un certain Tolloche, incarné par James Thiérrée, petit-fils de Charlie Chaplin, que Gatlif s’est décidé à tourner le film qu’il avait toujours rêvé de faire. Et pour donner toute la véracité à son récit, il s’est inspiré de l’expérience d’une vraie résistante, une Juste déportée à Ravensbrück, Yvette Lundy, aujourd’hui âgée de 94 ans, campée de manière bouleversante par Marie-Josée Croze. Comme elle et comme chacun des acteurs, parmi lesquels de vrais Gitans, Marc Lavoine s’est immergé sans compter dans ce très beau film. Il a collecté des photos de charniers, des scènes de camps qu’il a reproduites en Polaroid et soigneusement épinglées, pendant tout le tournage, aux murs de sa chambre d’hôtel. « Je me suis imprégné des visages des gens. » Dire non à Gatlif ? Impensable. « Il est rare d’avoir un sujet comme celui-ci, qui passe au travers des mailles de l’oubli.»
http://www.leparisien.fr/cinema/critiques-cinema/marc-lavoine-au-nom-des-gitans-24-02-2010-826922.php

A suivre... (dans ce billet)...

Anonyme a dit...
Voilà le film qu’il fallait faire et bravo à Tony Gatlif de traiter un sujet dont personne ne parlait au cinéma. C’est un très beau film et sa sortie est historique. J’espère que maintenant on en parlera plus dans les manuels scolaires de ce moment de l’histoire trop occulté. Des milliers de gitans ont été déportés et d’autres enfermés dans les camps en France jusqu’en 1946, dans l’indifférence générale. C’est un film dans le style Tony Gatlif : beau et fort, musical, plein d’émotions. Le nazisme est là mais comme une ombre menaçante qui va tout engloutir à la fin seulement. Tony Gatlif rend enfin justice aux tziganes en donnant naissance à ce film, à leur mémoire, car la déportation des tziganes à été très importante en nombre. Ce film était indispensable. C’est un regard nouveau sur la déportation, le sort des gitans sous le nazisme et la liberté si chère aux gitans au point d’en mourir. A voir absolument !
Vagabundo
P.S. J’ai aimé les entretiens précédents ici, les extraits, mais je ne vois pas la bande annonce ?
4 mars 2010 09:53


Fleur de Corail
a dit...
Merci Vagabundo, pour la bande annonce, j'ai voulu faire "original" pensant que tout le monde la connaissais, et j'ai préféré d'autres extraits du tournage, des entretiens avec Gatlif, pour que les gens soient mieux informés. Mais je vais la poser. Bonne journée!
4 mars 2010 10:03



" Depuis le temps que Tony Gatlif met en scène le destin des Roms (Les Princes, 1983, Latcho Drom, 1993, Swing, 2002...), il devait bien finir par croiser un jour la question du génocide. De 250 000 à 500 000 d'entre eux ont été exterminés par les nazis, l'imprécision de ce chiffre témoignant des lacunes historiographiques qui entourent encore aujourd'hui cette question, à l'égard de laquelle la mémoire tzigane elle-même hésite à se confronter. La représentation de cet événement au cinéma est quant à elle rarissime, voire inexistante.
Ce contexte suggère la lourdeur du fardeau qui pesait a priori sur les épaules du réalisateur. On pourrait y ajouter cet embarras supplémentaire : comment concilier la pesanteur tragique de l'événement avec l'effervescence poétique de la culture rom ? La réponse de ce film, le meilleur de Tony Gatlif, tient en un mot, qui lui donne à juste raison son titre : la liberté. Liberté de ne pas reconstituer frontalement l'extermination, liberté de prendre la tangente romanesque à partir d'histoires composites collectées dans la chronique historique, liberté enfin, mais aussi bien grand talent, d'insuffler à ce récit une sorte de poignante légèreté.
L'action de Liberté commence en France, en 1943. Quelques roulottes tziganes traversent les bois, fuyant la soldatesque allemande, agrégeant au passage à la troupe un garçonnet orphelin en fuite, P'tit Claude. Cette troupe débarque dans un village où elle avait l'habitude de participer aux vendanges. Théodore, le maire (Marc Lavoine), et Mlle Lundi (Marie-Josée Croze), l'institutrice membre de la Résistance, les accueillent au nom des valeurs républicaines. Mais pas mal de choses ont changé dans ce village français avec l'occupation. Le régime de Vichy interdit désormais le nomadisme, enferme les Tziganes dans des camps. Les salauds ont désormais le champ libre, tel le très sombre Pierre Pentecôte (Carlo Brandt), qui faisait naguère commerce avec eux mais travaille aujourd'hui pour le compte de la Gestapo.
Enfermés dans un camp, les Tziganes ne doivent leur libération qu'à l'entregent et au courage de Théodore, qui les fait propriétaires, par un acte de donation, du domaine familial et des terrains attenants. Ce geste crée une émeute raciste chez les bonnes gens du village, qui revendiquent une part de ces terres. Les Tziganes, de toute façon, reprendront la route, franchiront la frontière, disparaîtront pour toujours.
Leur passage marquera ce film d'une trace lumineuse et poétique, à l'image du plus fantasque et irréductible d'entre eux : Taloche. Ce funambule aux semelles de vent, roi de la gaffe et de la pantomime, est incarné par le formidable James Thiérrée, petit-fils de Charlie Chaplin, qui rejoint dans cette composition tzigane le combat de son aïeul contre le totalitarisme et ses suppôts.
Mais ce sont mille détails qu'il faudrait relever pour évoquer la manière dont ce film, évitant le cortège du pathos, conquiert l'élégance, drôle et tragique à la fois, de l'émotion. La libération de l'eau du robinet par Taloche. La délicate réminiscence d'une montre juive abandonnée sur une voie ferrée. La tziganisation de Maréchal nous voilà. Le lyrisme retenu de l'image signée par le chef opérateur Julien Hirsch. La voix vrillante de Catherine Ringer sur la bouleversante chanson de fin, rappelant la gaieté funèbre de son étrange Petit train (1988). Ses paroles, associées à la musique, pourraient donner une idée un peu plus précise du ton particulier du film : "Si quelqu'un s'inquiète de notre absence/Dites-lui qu'on a été jetés du ciel et de la lumière/Nous les seigneurs de ce vaste univers."
En un certain sens, l'insouciance de la mort est ici aussi forte que celle de la vie, chez un peuple dont la raison d'être serait subordonnée à l'idée et à la condition de la liberté. Paul Eluard, qui écrivait en 1942 son nom dans un poème (Liberté), aurait pu le dédier à ce peuple poétique entre tous ".
Le Monde
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/02/23/liberte-si-quelqu-un-s-inquiete-de-notre-absence_1310177_3476.html


Liberté de Tony Gatlif
" Des fils de fer barbelés s’échappent les premières notes de musique. Et ces fils sont semblables à une portée musicale où les notes se poseraient au hasard, portées par le vent. Ce même vent de liberté qui souffle sur le dernier film de Gatlif. Un film nécessaire qui évoque une histoire peu ou si mal connue, celle de l’internement et de la déportation des gitans en France. Loin de toute reconstitution historique, Gatlif prend le parti de la vie qu’il saisit à travers le regard d’un enfant, d’un fou ou d’une institutrice qui préfère les lois du coeur à celles de Vichy. Et le destin de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants nous touche, nous émeut. Et nous révolte aussi. C’est en cela aussi que ce film est utile. Leur liberté, c’est aussi la nôtre ".
http://www.humanite.fr/2010-02-24_Cultures_Liberte-de-Tony-Gatlif

L’omission impossible de Gatlif

Critique
Minorité . «Liberté» retrace le génocide oublié des Roms en France durant la Seconde Guerre mondiale.
Réagir
Par PHILIPPE AZOURY
Liberté de Tony Gatlif avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze… 1 h 51.
«Samudaripen» est le nom générique que l’on donne au génocide tsigane durant la Seconde Guerre mondiale. Et, si le mot nous est si peu familier, c’est que le génocide des Roms a été, c’est le moins qu’on puisse dire, peu raconté. L’omission, devenue une habitude, d’un fait que pourtant personne ne conteste : selon le cinéaste, entre 250 000 et 500 000 gitans d’Europe ont été déportés, parqués et exterminés avec l’aide conjuguée de la Gestapo et des administrations de la quasi-totalité des pays européens (lire l’entretien ci-contre). Le cinéma n’avait jamais jeté le moindre regard sur cette part de l’histoire pourtant extraordinairement éclairante pour qui voudrait mesurer la hantise commune que représente le mode de vie des Roms face au principe de société organisée. On sait que Tony Gatlif envisage, depuis trente ans, le cinéma - média populaire - comme une fenêtre incroyablement large par laquelle il pourra faire passer ces Roms systématiquement mis à la porte de la représentation. Mais le cinéma est aussi pour Gatlif ce vaste champ poétique qui lui permet de viser au vertige.
Liberté est encore une fois, et peut-être plus que jamais, un Gatlif déséquilibré, déchiré entre deux façons de filmer : la veine folle et la veine soudainement trop normale. Sans doute est-ce une normalité de façade, de pédagogue, comme si l’auteur de Gadjo Dilo se forçait par moments à faire du standard télé par stratégie ou comment le gitan, figure hors-cadre, finit par s’acclimater à un récit mainstream. Dans ces moments-là, Liberté rappelle un peu le Louis Malle d’Au revoir les enfants, s’appuyant sur des faits et jouant en permanence l’héroïsme et l’humanisme contre la machine. Avec un gosse touchant (le P’tit Claude) et deux Justes exemplaires (Marc Lavoine et Marie-Josée Croze, lui maire d’une commune, elle institutrice), des Roms minoritaires et des collabos véreux. Pour contrebalancer cet idéal de bon récit, pour toucher à cet «esprit gitan» qui l’obsède, il mise tout sur un personnage, Taloche (le toujours intriguant James Thierrée), musicien, idiot dostoïevskien, un peu Michel Simon dans l’Atalante, bousculant les codes et tournant sur lui-même comme un derviche pour que la caméra ne puise rien faire d’autre que le suivre et s’abandonner.
Ce Taloche-là offre à Tony Gatlif ses sursauts de liberté de cinéaste. A ses côtés, la caméra de Julien Hirsh (chef opérateur, entre autres, de Godard et Téchiné) se réveille et retrouve des images portées par le souffle. Une fois encore, Gatlif, sur le fil d’un déséquilibre esthétique devenu sa marque, joue avec le feu en se lançant dans un grand écart impossible entre deux cinémas qui ne savent pas tenir ensemble. Mais, une fois encore, il passe en force ".
http://www.liberation.fr/cinema/0101621037-l-omission-impossible-de-gatlif


Depuis toujours, Tony Gatlif tient la chronique des plaies infligées au peuple tsigane. Il choisit, cette fois, de s’attacher à un épisode méconnu et peu glorieux de l’Histoire française : leur traque dans la France de 1943 et leur déportation, à travers une famille tsigane – au sens large – venue faire les vendanges dans un petit village situé en zone occupée, où deux résistants (Marie-Josée Croze et Marc Lavoine, peu convaincants) s’appliquent à leur venir en aide. A sa manière résolument fébrile, le réalisateur montre bien le quotidien d’une communauté traquée, convoque une figure attendue de "fou" effrayé par les fantômes (l’acteur James Thiérrée, dont on saluera l’implication hallucinée) mais émeut surtout en quittant le plus pour aller vers le moins : un lent et long travelling sur des prisonniers tsiganes attendant la soupe dans l’hiver d’un camp français. Là, Gatlif joue la carte d’une exemplaire sobriété qu’il devrait, parfois, davantage méditer ". Lucie Calet
Critiques : Liberté
“08.09.2009

Le film Korkoro (Liberté) du Français Tony Gatlif, consacré à l'oppression du peuple Rom, a triomphé lundi au Festival des films du monde de Montréal (FFM), remportant la principale récompense, le Grand prix des Amériques, ainsi que le prix du public pour le film le plus populaire.Il arrive au cinéma de se faire "avocat des opprimés et de parler de ceux qui n'ont pas la parole" a déclaré le metteur en scène, qui est lui-même d'origine gitane par sa mère, kabyle par son père, à l'annonce du palmarès du festival."On méprise les Roms, surtout en Europe", a-t-il dit, avant de voir dans le succès de son film une "bougie, petite lumière dans un trou noir de l'histoire de France et de l'Europe"."Korkoro" - dont les vedettes sont une actrice québécoise, Marie Josée Croze, et l'acteur-chanteur français Marc Lavoine - a reçu aussi une mention spéciale du jury du Prix oecuménique du FFM.Le jury officiel du festival, présidé par le réalisateur iranien Jafar Panahi a récompensé par son Grand prix spécial le film du Chinois Wang Quan'an "La Tisseuse", lauréat aussi du prix de la critique internationale Fipresci.Le prix de la meilleure mise en scène est allé au Japonais Kichitaro Negishi pour "La Femme de Villon" et celui du meilleur scénario au film français "Je suis heureux que ma mère soit vivante", réalisé par Claude et Nathan Miller et dont le scénario est dû à Alan Le Henry.La Suissesse Marie Leuenberger a reçu le prix de meilleure interprétation féminine pour "Marie-nous" de Micha Lewinsky. Côté masculin, le Danois Cyron Melville a été récompensé pour son rôle dans "Love and rage" de Morten Giese.La Française Sophie Laloy a eu le Zénith d'or qui récompense le meilleur premier film, pour "Je te mangerai".Au total, 457 films de 78 pays ont été présentés au FFM qui se présente comme le plus grand festival indépendant de cinéma dans le monde « . AFP
Cet article a été publié dans la rubrique Flash actualité - Culturehttp://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/tony-gatlif-triomphe-au-festival-des-films-du-monde-de-montreal-08-09-2009-631375.php


Voici la bande annonce :




Anonyme a dit...
Je été accrochée à ce film dès les premières images.
Le scénario qui est tricoté autour d'un personnage mi homme- mi enfant, à la sensibilité exacerbée est génial.
J'ai aussi beaucoup apprécié le fait que le bouleversement ne se fasse pas avec des images choc. Tout est traité avec pudeur, j'ai trouvé que cela donne une grande force au film, ainsi que les dialogues en Roumnès .... C'est une petite distribution qui gère ce film, dommage que cela restreigne sa diffusion. Choix délibéré de Gatlif ? Impératif de budjet ? Comme je ne sais pas répondre à cela, je m'abstiens de porter un jugement .... Le cinéma est une machine très complexe... En tout cas ce film passera certainement sur nos écrans de télévision, puisque FR3 y est associée , ce qui touchera des milliers de téléspectateurs....Gatlif a peut être joué de bonnes cartes... A suivre donc !
Débla

9 mars 2010 08:47

Fleur de Corail a dit...
Espérons-le Débla! merci de ton passage! Je viens de récuperer mon ordi que j'avais amené chez le docteur : virus...
Oui, il y à de la pudeur dans ce film, la tragédie viens par petites touches...
Et je m'absente ce week-end (de Ve à Lundi soir tard) donc pour d'autres commentaires... sorry si je les mets en retard...

9 mars 2010 17:02


quelques mots de Tony Gatlif :


" Une humilation "

" Tony Gatlif, tsigane par sa mère et kabyle par son père, qui se définit comme un "déraciné de l’Algérie", revient sur cette histoire trop souvent oubliée, à commencer lors du procès de Nuremberg. De son ouverture au verdict en 1946, aucun Tsigane n’a été invité à témoigner. "C’est un film nécessaire. C’est une histoire qui a été oubliée pendant plus de 70 ans, personne n’en a parlé. Tous les Tsiganes et les gitans d’Europe et de France ont souffert de cette absence de leur histoire. C’est une humiliation", explique Tony Gatlif à RANCE 24. Il arrive au cinéma "de se faire l’avocat des opprimés et de ceux qui n’ont pas la parole", avait rappelé Gatflif lors du Festival des Mondes à Montréal, où "Liberté" a triomphé en septembre. "J’espère que ce film pourra être une bougie, une petite lumière dans le trou noir de l’Histoire de France et de l’Europe. " http://mobile.france24.com/fr/20100224-devoir-memoire-tony-gatlif-liberte-cinema-tsiganes-seconde-guerre-mondiale-france


et Les ultimes libérés

Le cauchemar des Tsiganes ne prit pas fin avec le reflux des troupes allemandes. Ils furent les ultimes libérés des camps d'internement administratif - après les collaborateurs. Les derniers sortirent en mai 46, date de fin officielle de la guerre, une astuce d'un gouvernement provisoire guère pressé de les revoir sur les routes. A leur sortie des camps, certains, notamment ceux qui avaient perdu tous leurs biens lors de leur arrestation, se sédentarisèrent. Pour tous, les internements furent vécus « comme une trahison car ils se sentaient vraiment français explique Marie-Christine Hubert. Ils faisaient leur service militaire, des hommes étaient prisonniers de guerre en Allemagne. Ils n'ont jamais compris pourquoi on les avait mis dans les camps et en ont gardé une méfiance envers les autorités. Ils vivent toujours avec l'angoisse que ça puisse recommencer ». Vers une reconnaissance ? Tony Gatlif explique avoir réalisé Liberté suite aux demandes de la communauté tsigane. « La génération actuelle n'a plus les tabous de ses parents et veut que cet épisode se sache » confirme Marie-Christine Hubert. De là à envisager la reconnaissance par l'Etat de sa responsabilité, comme il le fit pour les déportations des Juifs en 1995 par la voix du président Chirac, il y a un pas que l'historienne ne franchit pas : « ça serait bien, mais ce n'est pas un sujet très porteur pour les élus. Tout le monde veut bien compatir et être pour la reconnaissance des droits des Tsiganes, mais globalement, ce qui caractérise l’attitude de la société à leur endroit, c’est l’indifférence ». -


A lire : "Les Tsiganes en France : un sort à part (1939-1946)" (Éditions Perrin) de Marie-Christine Hubert et Emmanuel Filhol. http://www.mondomix.com/actualite/583/les-tsiganes-a-l-epreuve-des-camps.htm_________________




Voici un commentaire sur mon blog par Jacques Sigot, que je pose donc ici comme les autres, et ma réponse... Commentaire fort interessant mais lorsqu'il écrit "deux films différents" il à raison, et je suis d'accord avec lui - je corrige un détail (mon intervention ayant été trop précipitée en raison de problèmes familiaux)


Jacques Sigot a dit...
Liberté et La RafleLe hasard, je pense, a voulu que deux films traitant d’un même sujet sortent à quelques jours d’intervalle : Liberté, de Tony Gatlif, et La Rafle de Rose Bosch : l’internement de minorités dans des camps pendant la Seconde Guerre mondiale : des Tsiganes (on disait alors nomades) pour Liberté, des juifs pour La Rafle.Ces deux films sont réalisés à partir de faits réels, historiques, mais si l’un est connu – les événements de juillet 1942, l’arrestation des juifs parisiens, leur séjour dans le Vélodrome d’Hiver, leur transfert dans des camps du Loiret, leur déportation puis leur extermination dans celui d’Auschwitz-Birkenau – , l’autre semble surgir fortuitement de l’oubli, voire de l’ignorance si l’on en juge par la surprise des médias nationaux à leur découverte par le film de Tony Gatlif. Pourtant, pour ne citer que mes propres travaux de pionnier, ce drame des Tsiganes est traité depuis une trentaine d’années, mais il est vrai seulement colporté par les médias régionaux. La sortie de ces deux films a été pareillement précédée de projections en avant-première dans toute la France, projections accompagnées d’un dossier pédagogique destiné à attirer les professeurs, les élèves et les étudiants, en vantant le sérieux des œuvres et les intégrant dans le devoir de Mémoire. Deux films semblables donc, et pourtant si différents.Si La Rafle veut tout dire de l’horreur en la montrant, et ce fut l’horreur absolue, ne serait-ce que parce qu’il y avait des enfants, Liberté s’attache davantage à la honte des camps qui ont sévi sur tout le territoire, occupé ou non. Des enfants étaient aussi derrière des barbelés électrifiés, mais Tony Gatlif a préféré accuser la fixation imposée arbitrairement à un peuple fou de sa liberté en des images sobres mais très proches de ce qui fut.Ce qui différencie surtout ces deux films : si La Rafle est très située dans l’histoire, sous Vichy qui en porte l’entière culpabilité, reconnue officiellement et courageusement par Jacques Chirac, Liberté va plus loin dans la dénonciation puisque le décret à l’origine des premiers internements de nomades, en mai 1940, a été signé le 6 avril par Albert Lebrun président de la République, Vichy se contentant de l’appliquer ; et les derniers nomades n’ont été libérés que début juin… 1946, oubliés dans les camps par le Gouvernement Provisoire de de Gaulle.Est-ce pour cela qu’il est plus facile, encore aujourd’hui, de parler du Vel d’Hiv et de Beaune-la-Rolande, que de nos Manouches, Gitans et Roms dans le camp de Montreuil-Bellay ? Oui, si l’on compare la place que l’un et autre occupent dans les médias.Jacques Sigot. Ces Barbelés que découvre l’Histoire. Un camp pour les Tsiganes et les autres ? Montreuil-Bellay 1940-1946, éditions Wallâda,

cliquez

Tony Gatlif et Jacques Sigot


11 mars 2010 09:56

Fleur de Corail a dit...
Merci de votre commentaire Jacques Sigot et votre livre doit être fort interressant. !
Que l'horreur ai été absolue pour tous ces enfants juifs pendant la rafle du Vel D'hiv c'est certain, mon Dieu! Mais c'est pareil pour les enfants tziganes qui furent nombreux (les gitans comme les juifs aiment les enfants et en font beaucoup)avec toutes les expèriences médicales horribles à l'appui, envers les gitans dans les camps d'extermination...

Quand à ce que la déportation des tziganes soit "parlée" au niveau régional, peut-être mais cela me semble nouveau en tous cas pas très répandu encore... Ce n'était pas tant dit que cela, pour des raisons diverses qui tiennent aussi aux gitans (il y à une plus grande unité et solidarité chez les Juis et cela compte, l'union fait la force, ce n'est pas du qu'aux non-gitans) mais bon...


En témoigne ma belle-fille qui m'informe que dans son lycée on lui à parlé de la déportation des tziganes " ça commence , me dit-elle, même si c'est bref".


Tony Gatlif effectivement n'est pas rentré dans la déportation elle-même (comme d'autres films sur les juifs où cela n'est que suggéré aussi, il y en à) mais on sent effectivement vers la fin (où ils sont arrêttés et pas pour aller dans des camps en France là) une montée dramatique qu'il aurait très bien pu concretiser dans son film, on sent qu'il en est capable, mais cela n'a pas été son choix.


Il n'y à pas eu de battage médiatique pour le film de Tony Gatlif comme pour la raffle. Je ne sait pourquoi, mais, mais... J'ai constaté un soir sur TF1 lorsque ce film à été annonçé que cette information à été BACLéE, il n'y à pas d'autres mots, on à été trois à en être choqués, dite en quatrième vitesse, à grande allure, vraiment, pour annoncer un autre film (ce n'était pas la rafle) je ne me rappelle plus lequel.


Je pense qu'on va en apprendre de plus en plus sur tous les "accords "de Vichy...et que l'on va avoir des surprises, aussi bien pour les juifs que pour les tziganes..


Mais Tony Gatlif à ouvert une porte et bientôt on verra un film "à grand spectacle" comme pour la déportation des juifs, sur la déportation des tziganes. Et même si cela n'arrive pas, il sera le seul à en avoir parlé au niveau cinématographique... il mérite une médaille Lol!


J'ai regardé l'émission sur la rafle à la télé l'autre jour et pensais : "Mais le même discours, MOT à MOT, peut-être employé pour les tziganes!"Car même pour les homosexuels, un très beau film à été fait sur la déportation!Mais jamais cela n'avait été fait pour les tziganes AVANT Tony Gatlif! Chape de plomd sur ces faits...AVANT LUI Et Liberté est un PREMIER FILM sur ce sujet...


VOIR CE QUE TONY GATLIF DIT SUR "HUMILIATION" POSTé JUSTE AU-DESSUS. merci de votre intervention.
11 mars 2010 12:33



Anonyme a dit…
Hier j'ai été voir ce film,

il ne passait plus dans mon quartier.

Hymne à la liberté oui.Beau, simple, mais cette vie de nomade est si bien portée à l'écran.

C'est Taloche qui m'a marqué, un peu fou mais épris de cette liberté qui fait communier avec les éléments naturels, terre, eau.

C'est Beau et sa fin tragique( à Taloche) annonce une autre encore plus forte la disparition de ces roms du village.

Cet épisode de l'histoire de France est justement montré..

et le long traveling dans le camp

n'est ni long ni documentaire..

ce n'est plus du film...

c'est un reportage en temps réel..

j'en suis sorti du cinéma...

empli de fraicheur..

Ce film est frais un vrai bol de liberté.

Merci Gatlif, et à Fleur de corail

pour ce si beau partage sur ton blog.

Alaxis
12 avril 2010 00:09


Fleur de Corail a dit...
Merci Alaxis pour ton beau commentaire sur Liberté
12 avril 2010 00:28

natacha a dit…
je suis aller voir le film dans le 6éme arrt de Paris. Film poignant, émouvant. Une page oubliée sur le génocide des tziganes ! un peuple qui lui aussi a souffert. Une Ode à la Liberté.Merci d'avoir fait ce film.
9 mai 2010 17:24

Fleur de Corail a dit…
Merci natacha pour ce commentaire que je rajoute dans "la rafle des commentaires" comme je l'avais dit. Au plaisir de vous re-lire
9 mai 2010 17:46

Ce billet est la suite de : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2010/02/5-merci-tony-gatlif-pour-le-film.html

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