jeudi 3 avril 2008

3. Chico Bouchikhi, et l'UNESCO

Voir ce que je vien s d'écrire brièvement juste avant : "Commentaires"

Comme je l'avais écrit précedement, je désire, pour ceux qui ne connaissent pas vraiment l'histoire du groupe les Gipsy King et de Chico, aporter quelques précisions émouvantes, d'autant plus que je risque d'être bientôt coupée temporairement d'internet pour cause changement d'opérateur et dégroupage :

"A la mort de son beau-père José Reyes, Chico continue la tradition "Los Reyes" avec ses beau-frères. Le groupe part chaque été à Saint Tropez pour jouer sur les plages et dans les soirées huppées de la fameuse station balnéaire.
Saint Tropez, avec son cortège de stars du Show Business, promettait un avenir brillant... toute la question était de réussir à capter l'intérêt de ce beau monde pour pouvoir ensuite gagner la cour des grands. Ils devinrent l'ami de Brigitte Bardot et de bien d'autres personnalités.Mais malgré le pouvoir de leurs admirateurs, la partie n'était pas gagnée pour autant, et Los Reyes rentraient à Arles à la fin de chaque été dans leurs caravanes cahotantes, sans aucune promesse d'un avenir meilleur".

"J'étais le seul à croire à notre futur succès.
Je pensais que ce serait un don du ciel. Je ne cessais de pousser le groupe à aller jusqu'au bout de l'aventure.
Ce qui me donnait cette foi, c'était le bonheur qu'on partageait avec le public qui aimait notre musique . La plus belle rencontre que j'ai faite et qui m'a permis de m'accrocher à mon rêve, fut celle avec Charlie Chaplin : je jouais avec Canut dans un restaurant de Lausanne. Le propriétaire est venu nous dire que si nous revenions le soir même nous pourrions jouer pour Charlie Chaplin". "..........Nous sommes donc revenus chanter à la table de Chaplin. En nous écoutant, une larme a glissé sur sa joue. On était arrivé à faire pleurer celui qui avait réussi à faire rire la terre entière..."
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"Chico voulut alors apporter au groupe une nouvelle dimension.
Les fils de José sont avant tout d'excellents chanteurs, il invite les cousins des Reyes, les Baliardos de Montpellier, virtuoses de la guitare, à rejoindre "Los Reyes" afin de donner au groupe une envergure internationale. Les quatre frères Reyes, Chico et les deux Baliardos : le groupe compte à présent sept membres.
Il ne reste avec les Reyait plus qu'à trouver un nom qui sonne "international" : les "Gipsy Kings" étaient nés. La tenacité de Chico conduit le groupe au succès tant attendues, Chico se découvrira une vocation de musicien et d'auteur compositeur.
C'est lui qui donnera au groupe sa direction musicale.
Il sera aussi bien leur manager, leur porte-parole, que chargé de régler dans leurs moindres détails leur vie pratique.

En 1981, certain d'un succès prochain, Chico décide de rebaptiser le groupe et change le nom "Los Reyes" par celui de "Gipsy Kings". En mai 1984, avec son ami photographe Vincent Bertomeu, Chico décide de réaliser le premier vidéo clip des Gipsy Kings, "Allegria", qui sera présenté au Festival International du Vidéo Clip de Saint Tropez, parmi 551 autres clips de vedettes internationales telles que Mickael Jackson, Paul Mac Cartney, Elton John...
En parfait antagonisme avec les moyens financiers des autres clips, celui des Gipsy Kings étonna et fut salué par la presse internationale pour sa créativité mais aussi pour la justesse de ses moyens.

Chico prouvait une fois de plus que les Gipsy Kings avaient leur place parmi les grands. L'entêtement de Chico valut au groupe trois longues années de vaches maigres, durant lesquelles les découragements se faisaient de plus en plus fréquents et menaçaient de mettre fin à cette aventure musicale. En 1986, les frères Reyes, plus abattus que jamais, reprennent chacun leur petite vie. Il fallut donc dix ans pour que la chance sourit enfin aux Gipsy Kings. En décembre 1987 et janvier 1988, les Gipsy Kings triomphent à la Cigale, puis sur la scène du Zénith. Ils quittent les salons des princes et des stars du showbiz pour gagner les scènes internationales.
Aux Etats-Unis, ils effectuent trois tournées et jouent à guichet fermé. C'est la première fois qu'un groupe français réalise un disque d'or Outre Atlantique.

Le même phénomène se produira au Mexique, au Japon, en Angleterre, en Australie et à travers la planète.

En 1989, trois millions d'albums sont vendus.

Les Gipsy Kings recevront quinze disques d' or "Mon frère Chaib travaillait alors dans une maison de retraite arlésienne. Ce qui m'a donné l'idée d'offrir notre premier disque d'or à Jeanne Calment, la doyenne de l'humanité, qui y vivait alors. Nous avons joué pour les personnes âgées. Elles étaient très heureuses".

"Une Victoire de la Musique viendra couronner le travail du groupe. Mais les conflits commencent à arriver entre les nouveaux producteurs du groupe (Claude Martinez et Didier Tornare) et Chico : la repartition, pour les artistes, du resultat financier n'étant pas à la hauteur du succès mondial, Chico osa demander des comptes à la production pour l'ensemble du groupe. Ceci lui valut son éviction des Gipsy Kings en 1991. Chico & the Gypsies, festival Mosaïque Gitane, le Patio de Camargue : l'aventure continue vers de nouveaux horizons. Chico est un optimiste et même si la vie le lui rend bien, il a connu des moments très durs, suivis aussitôt d'événements qui lui permettaient de rebondir.


L'année 1991 est très éprouvante : il perd à la fois son premier bébé, les Gipsy Kings, et son père Mohamed Bouchiki. Après avoir encaissé les coups du destin, Chico remontera la pente. Il fonde un nouveau groupe, "Chico & the Gypsies", avec de jeunes musiciens d'Arles et de Montpellier.





Producteur, directeur artistique, musicien du groupe, mais aussi co-auteur des titres qui ont assuré la gloire des Gipsy Kings - Djobi Djoba, Bamboleo et bien d'autres - Chico composera de nouveaux morceaux, teintés de la saveur gitane mais plus ouverts qu'auparavant aux influences, si diverses, de la musique tzigane. Alors qu'il avait été à l'origine des sonorités venues d'Orient dans les tubes des Gipsy Kings, aujourd'hui il donne toute liberté à sa sensibilité orientale. Son prochain album, "Freedom", témoignera de son métissage culturel et musical.

Le courage et la détermination de Chico ne passent pas inaperçus. Notamment pour la qualité d'un festival musical gitan qu'il créé en 1986, "Mosaïque Gitane".

Il sera également honoré des titres de Chevalier des Arts et des Lettres et envoyé spécial de l'Unesco pour la paix.

Infatiguable, Chico a aussi créé un complexe de loisirs et de réception dédié à la culture gitane, "El Patio de Camargue" à Arles : un lieu de fête qui regroupe une bodega, de grandes salles pour les dîners musicaux et les congrès, des arènes, un parc, des roulottes, et pour couronner le tout, un accès sur le Rhône qui permettra un jour au Patio de Camargue de recevoir les bateaux de tourisme.

Actuellement, Chico et les Gypsies sont sur les routes pour présenter leur nouvel album sur scène qui est sorti en février 2005. Patrick Sébastien les a mêmes conviés pour une soirée spéciale Chico et les Gypsies pour honorer leur grand retour sur la scène française. Après la tournée Night Of The Proms en compagnie de grands artistes tels que Zucchero, Chimène Badi, Natasha St Pier, ou encore John Miles, Chico et son groupe sont partis sur les routes du monde entier : Genève, Allemagne, Angleterre, Belgique, Etats-Unis et ils sillonnent actuellement les routes françaises".

Voici une très très belle video :

Chico et les gypsies-marina-emission les tube des tubes
envoyé par jean_luc_arsene




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Au nom du frêre


Dans un article datant de 2001, voici ce que dit Chico sur l'assassinat de son frêre et le pardon qu'il a accordé :

"Envoyé spécial de l’UNESCO pour la paix, Chico Bouchikhi, le fondateur des Gipsy King, a donné un concert lors du festival de la paix, organisé en Israël le jour de l’an.

Un acte symbolique pour celui dont le frère avait été assassiné en 1973 par le Mossad".

" Pendant des années, j’ai détesté Israël et tout ce qui tournait autour de ce pays. Mais il n’y a qu’avec le pardon que l’on pourra reconstruire. La haine ne fait que détruire ".

Chico Bouchikhi a encore en tête les bravos, les vivas et les rappels offerts par les 15 000 jeunes Israéliens qui participaient au festival Beresheet, un vaste rassemblement de pacifistes qui avait lieu le 19 septembre dernier, jour de l’an juif, à 30 kilomètres de Haïfa.
Car, après la publication d’un article dans le quotidien Yedioth Ahronoth, nul en Israël n’ignore l’histoire tragique de Chico Bouchikhi, Arlésien d’origine marocaine, fondateur des Gipsy King, revenu au premier plan avec son nouveau groupe Chico and the Gipsys. Son frère aîné Ahmed, celui qui lui avait offert sa première guitare, a en effet été abattu " par erreur " par les services secrets israéliens en 1973, alors qu’il résidait dans la ville norvégienne de Lillehamer.

Le commando du Mossad avait, à l’époque, confondu Ahmed Bouchikhi avec Ali Hassan Salamé, un leader palestinien de l’organisation Septembre noir, responsable de l’attaque contre les athlètes israéliens lors des jeux Olympiques de Munich. Ali Hassan Salamé était depuis en tête de la " liste Golda ", une succession de noms à éliminer donnés par le premier ministre Golda Meir aux agents du Mossad. " Mon frère était quelqu’un de très ouvert, de très tolérant, un grand voyageur qui avait fait le tour du monde ", se souvient aujourd’hui Chico Bouchikhi. " Il travaillait dans cette station touristique où il venait de rencontrer sa femme. Elle était enceinte de trois mois quand il a été assassiné de plusieurs balles devant chez lui ".

"Très rapidement, le commando dans son ensemble est arrêté par la police norvégienne. Ses membres ne seront condamnés qu’à de courtes peines, de un à cinq ans et demi de prison. " Jamais le gouvernement israélien n’a eu un mot pour ma famille ", constate amèrement Chico Bouchikhi, qui avait dix-neuf ans à l’époque. " Nous avons tous été abasourdis par cette nouvelle. La mort de mon frère a été très rapidement passée par pertes et profits, laissant mes parents, des gens simples, dans le plus grand chagrin. " Longtemps Djelloul " Chico " Bouchikhi a porté cette blessure en lui, d’autant qu’Israël n’a reconnu, officieusement, sa participation à l’attentat qu’en 1993, avant d’indemniser sa belle-soeur et sa nièce.



Mais la vie de ce guitariste, qui s’est imprégné de culture gitane, va de nouveau basculer en 1994. Devenu une star mondiale avec les Gipsy King, il est invité par l’UNESCO à chanter à Oslo pour les délégations israéliennes et palestiniennes, dont Yasser Arafat et Shimon Peres, alors en pleines négociations".

" À la fin du concert, je suis allé serrer la main de Yasser Arafat et de Shimon Peres ", se souvient l’artiste. " Deux personnes que je considérais responsables de la mort d’Ahmed. L’un parce qu’il dirigeait les opérations des Palestiniens, l’autre parce que c’était un dirigeant politique israélien qui avait approuvé la liste Golda.

L’UNESCO m’a alors nommé envoyé spécial pour la paix. "


"Un titre que Chico Bouchikhi prend très au sérieux. En 1997, il va se produire à Ramallah, dans les territoires occupés et émet le vou d’aller chanter de l’autre côté, ce qu’il a fait la première fois pour la fête de Roch Hachana, le nouvel an juif. En réalisant ce geste symbolique de pardon, il espérait des excuses ou des condoléances officielles. Elles ne sont pas venues. Un jeune homme, travaillant à l’organisation du festival, a atténué sa déception. Guidi Rodan, enseignant habillé à la mode indienne comme la majorité des participants de ce festival pour la paix où la jeunesse israélienne se plonge dans la philosophie hippie, fumant de la marijuana une kippa sur la tête, vit lui aussi " avec ce drame depuis 30 ans ". Si son père faisait partie du commando du Mossad qui avait ramené le dignitaire nazi Eichmann en Israël, sa mère, également membre des services secrets, était présente à Lillehammer.

" Si le gouvernement ne présente pas ses excuses, je tiens à les faire à titre personnel ", lâche Guidi Rodan à un Chico ému. " Depuis que je suis adulte, je vais dans les écoles et les universités pour parler de notre erreur de Lillehammer, cette affaire honteuse qui a causé ce drame et qui me poursuit. Je suis heureux qu’il soit venu apporter grâce à sa musique du bonheur et un message de paix à un peuple qui en manque depuis des années ".

Les créateurs du festival de Beresheet l’ont conçu comme une enclave de paix dans une région du monde troublée. Malgré les grillages et les 1 500 militaires qui coupent cette zone du reste du monde, la plupart des groupes internationaux qui devaient se produire, dont les Californiens de Red Hot Chili Pepers, ont annulé leur participation après les attentats de New York et de Washington. La moitié de l’orchestre de Chico Bouchikhi a également refusé le déplacement, par crainte de la tension au Moyen-Orient.

" Je suis heureux de cette soirée avec Chico ", se réjouit Roni Tabechnik, fondateur du festival et ancien officier de l’armée de l’air israélienne, revenu totalement transformé de plusieurs voyages en Inde et en Europe. " Pour nous, c’est un moment historique. Porter en cette période de guerre un message de paix et de tolérance, d’autant par quelqu’un qui a tant souffert, est une grande leçon pour nous tous. Nous aussi, nous devons vivre en paix avec nos voisins, et nos voisins sont les Palestiniens. Nous en avons assez de la guerre. "

Représentants de la jeunesse " ouliste " du pays, les participants à ce festival pour la paix, dont de nombreux objecteurs de conscience qui refusent de faire leur service dans les territoires, sont aujourd’hui une minorité grandissante. Ils représentent la part israélienne du mouvement pacifiste et antimondialiste, qui de Seattle à Gênes, a crié sa révolte. Une révolte contre l’ordre du monde, mais aussi contre leur propre endoctrinement, qui de l’école à l’armée leur a toujours appris à nier la réalité palestinienne".

" Ces jeunes donnent une leçon à leur gouvernement en montrant une autre image de leur pays ", conclut Chico Bouchikhi, qui rêve d’un concert sur un check point réunissant Israéliens et Palestiniens. " Je n’oublie pas ce qui se passe dans les territoires, mais ces gens veulent la paix. Et c’est avec eux qu’il faudra la faire ".

Une video chantée par la très belle voix de Manolo :

http://www.youtube.com/watch?v=F8rgzgzb_-U#

J'ai envie de terminer ce petit article par la phrase de Chico déjà citée :

".........Mais il n’y a qu’avec le pardon que l’on pourra reconstruire. La haine ne fait que détruire ".
je suis bien d'accord!

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