mercredi 20 avril 2011

2. El flechazo - l'amour sorcier

Tout ce qui obsède, envoûte, tout ce qui hante…
Tout ce qui alimente les songes et fait refuge imaginaire…
Mais tout ce qui rend les tourments plus légers et les rêves plus beaux, tout ce que l’on ne peut dominer et vous transforme, entre souffrance et ravissement, comme un feu indomptable, qui à un goût de mort et pourtant signe de vie, arme à double tranchant…
Amour, désir ou passion, peut importe au bout du compte, ce qui s’imprègne en soi et qui résiste à tout le reste, à tout autre horizon, est ce qui me touche depuis longtemps.
Ce qui peut être rêve ou cauchemar ou les deux à la fois.
Mais parfois la prescience d’un terrible dilemme tellement que c'est fort, "sorcier"...si cela sortait du cadre du fantasme.
Tout cela trouve un peu d’écho pour moi dans l’œuvre de Manuel de Falla ou le film de Carlos Saura, que je présente très brièvement ici, avec mes mots, des choix d’images à moi, qui expriment ce que je ne peux pas dire…..
Dans le cas des deux œuvres cela finit bien : soit par l’union soit par la libération.

Il y à du positif dans toute passion, il suffit d'en faire l'alchimie...et puis " le temps est un grand maitre " en général...même si pas toujours... 

Manuel de Falla : Un peu de biographie :

Camille Claudel. Les amants
" Manuel de Falla, né le 23 novembre 1876 à Cadix, et mort le 14 novembre 1946 à Alta Gracia (Argentine), est un compositeur espagnol.
De santé fragile, le jeune Manuel reste à la maison où son éducation générale est confiée à une institutrice. Il commence l'étude du piano à huit ans avec des enseignants de province, avant de devenir, en 1890, élève de José Tragó, un pianiste de haut niveau. Il obtient un prix après avoir été, de 1896 à 1898, élève au Conservatoire Royal de Madrid. En 1904, il écrit la Vie brève, sorte d'exercice pour achever sa courte formation à l'instrumentation avec Felipe Pedrell.

Il effectue un séjour en France (1907-1914) où il est ami de Debussy, Ravel, Albéniz. Ces trois grands musiciens trouvent en lui un grand compositeur plein d'esprit.Ses Quatre Pièces espagnoles sont publiées à Paris en 1908, et en 1910, ses Trois Mélodies (sur des textes de Théophile Gautier).
Il revient en Espagne après avoir contracté une maladie vénérienne, et écrit la première version de l'Amour sorcier en 1915, puis le Tricorne en 1917 qui est créé avec succès à Londres deux ans plus tard par les Ballets russes de Serge Diaghilev. Mais il se fatigue beaucoup des suites de sa maladie, et son perfectionnisme lui fait perdre beaucoup de temps et de force. Après la guerre civile en Espagne, il part pour l'Argentine. Il y vivra mal jusqu'à sa mort en pleine sierra à Alta Gracia ". extrait wikipedia

Rodin. Le baiser
l’amour sorcier (el amor brujo):
" Le fantôme de son ancien amant revient hanter Cardela la gitane.
Pour pouvoir aimer librement Carmelo, elle trouve un moyen pour rompre le maléfice et éloigner à jamais le revenant en détournant son attention vers une autre femme

Carlos Saura transposera ce thème au cinéma en le changeant quelque peu :
" Candelas ne peut oublier son amant, Diego, abattu dans un rixe.
Antonio qui l'aime cherche a la debarrasser de ses obsessions.
Alors que Candelas danse avec passion Diego lui apparait.
Sa mort est un simulacre.
Un combat a mort s'engage entre les deux hommes.
Cette version de "L'Amour sorcier", inédite en France, a ete nominée aux oscars du meilleur film étranger en 1968 ".
Cancion del amor dolido (un très bel extrait!):
envoyé par keitel10

Cancion del amor dolido

¡Ay!
Yo no sé qué siento
ni sé qué me pasa
cuando este mardito
gitano me farta,
¡Ay!
Candela que ardes...
¡Más arde er infierno
que toíta mi sangre
abrasa de celos!
¡Ay!
Cuando el río suena
¿qué querrá decir?
¡Por querer a otra
se orvía de mí!
¡Ay!
Cuando er fuego abrasa...
Cuando er río suena...
Si el agua no mata al fuego,
a mí er pesar me condena,
a mí er querer me envenena,
a mí me matan las penas.


envoyé par keitel10


autre extrait :

envoyé par almirCCR

Aux tourments de la passion, je préfère et j'aime me réfugier dans les mots de ce poème, que je trouve plus tendres et apaisants, malgré tout :

Le tendre et dangereux visage de l'amour

Le tendre et dangereux visage de l'amour
m'est apparu un soir après un trop long jour
C'était peut-être un archer
avec son arc
ou bien un musicien
avec sa harpe
Je ne sais plus
Je ne sais rien
Tout ce que je sais
c'est qu'il m'a blessée
peut-être avec une flèche
peut-être avec une chanson
Tout ce que je sais
c'est qu'il m'a blessée
blessée au cœur et pour toujours
Brûlante trop brûlante blessure de l'amour.

(Jacques Prévert)

Il y à comme une acceptation...

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