lundi 12 avril 2010

3. Quand les nomades font leur cirque !

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Dimanche soir j'ai été au cirque. Je suis une passionnée de cirque et en général c'est très rare que je manque un spectacle.
Aussi très simplement je vais faire une brève histoire du cirque, sur laquelle je reviendrais très certainement car elle ne sera pas complète.

J'adore également les numéros de clown autant que les enfants.
Je me rappelle il y à deux ou trois ans (je ne me souviens plus de quel cirque il s'agissait et je ne veux pas faire de concurence) combien j'étais écroulée de rire, à tel point que les enfants plaçés devant moi riaient plus de me voir rire, moi une adulte, que de voir les clowns : situation qui ne manquait pas de piquant! Il est vrai que ces clowns là étaient drôlement bons! J'adore les situations absurdes et elles ne manquaient pas!

Je suis en général pas loin de la piste si bien que mon compagnon qui est bien sûr à côté de moi se retrouve toujours au milieu de cette piste à un moment ou à un autre..." C'est encore pour ma pomme!" s'est-il exclamé... Il est abonné. Ce n'était jamais que la troisième fois...
Dimanche par exemple, sous mon regard indulgent, il s'est retrouvé.. marié avec une autre.. sous le regard tolérant de son propore mari à elle! Tout ça à cause d'un clown..
En récompense et pour dommages et intérêts ce clown nous à offert un énorme cornet de pop corn à chacun. Le petit garçon assit à côté de moi en à profité car je n'arrivais pas à finir le mien. Enfin surtout son père en à profité!
Au point où nous en êtions... Les maris, les femmes, les pop corn !



J'aime en général tous les numéros mais je suis fascinée par tout ce qui est trapèze, tout ce qui va "plus haut"

Petite histoire du cirque, inspirée de divers textes :
" Le cirque existe depuis l’Antiquité. On a retrouvé une fresque datant de 2400 avant J-C intitulée « Le saut de taureau » et représentant une scène d’acrobatie .

De même, on retrouve ce mot de « cirque » au temps des Romains. On disait d’ailleurs que pour faire plaisir au peuple, il lui fallait « panem et circenses », ce qui signifie « du pain et des jeux du cirque ». Ils y organisaient des combats et des jeux. On pouvait ainsi y voir des funambules, des voltigeurs à cheval, du domptage, des combats de gladiateurs. Ces jeux remportaient un grand succès et il y avait parfois plus de 300 000 personnes qui y assistaient ".

Hélas, les sacrifices des chrétiens faisaient aussi parti du spectacle!


Colysée à Rome


" Par la suite, au Moyen-Age et à la Renaissance, on voit se développer les troupes de saltimbanques. Il s’agit d’un groupe de personnes qui vivent de façon nomade et se déplacent de ville en ville au moment des foires et des marchés. Ils présentent principalement des spectacles, des numéros d’acrobatie, de jonglage et de domptage .

Apparition du cirque traditionnel :
" C’est au 18ème siècle qu’apparaît le cirque dit traditionnel. Tout commence avec les écuyers.
C'est en 1767 que Beates, un Anglais donna à Paris une représentation hippique sur un simple terrain entouré de palissades ; la piste n'était séparée du public que par une corde.


La paternité du cirque est habituellement attribué à Philip Astley, cavalier anglais .

En effet, en 1768, il loue un champ à proximité de Londres et y dresse des barrières. Il s’y produira en spectacle, essentiellement composé de dressage et de numéros de voltige équestres.
Anecdote : On raconte que la taille de la piste vient de ces numéros de dressage. Le rayon de la piste correspondrait ainsi à la distance nécessaire entre l’écuyer, la longe et le cheval.
En 1774, un compatriote de Beates, nommé Hyam, parut avec sa famille et, au même endroit, présenta des divertissements du même genre jusqu'en 1778 où revint Beates . L'année suivante, Balph, écuyer français, et sa femme écuyère espagnole, continuèrent ce spectacle
En 1783, Astley il vient à Paris et ouvre le premier cirque en dur, rue Faubourg du Temple .
A la révolution, il rentre en Angleterre et la structure est reprise par l’italien Antonio Franconi. Ces structures en dur n’accueillent jusque là que des spectacles équestres ".



" Antoine Franconi était originaire d'Italie. Il naquit à Venise en 1738. Il avait 20 ans lorsqu'il vint en France et ce fut comme physicien qu'il parut devant le public. Il s'appliqua en même temps à dresser divers animaux et obtint un vif succès à Lyon et à Bordeaux. Dans cette dernière ville, il chercha même à introduire les combats de taureaux.
Apres avoir exploité les provinces du midi de la France, Franconi revient à Paris en 1783. En 1785, il retourna à Lyon, acheta des chevaux et les dressa lui-même. la révolution interrompit ses représentations. Son cirque ayant été détruit au siège de Lyon, il revient à Paris en 1792 et reparut au faubourg du Temple avec toute sa famille composée d'écuyers et d'écuyères et donna une grande pantomime.
En 1800, le cirque Franconi se transporta dans l'ancien couvent des Capucins, mais au moment du percement de la rue de la Paix, il dut émigrer en 1807 dans une salle de la rue du Mont Thabor et Franconi céda alors la direction à ses deux fils, Laurent et Minette qui eurent l'idée d'alterner les exercices de voltige et d'équitation avec la représentation de pantomimes dont la mise en scène dépassait tout ce qu'on avait vu dans le genre. Par suite de la mode ou plutôt de la manie qui régnait alors de donner à tout une couleur antique , le nouveau cirque fut appelé "cirque olympique ".





" La construction du trésor rue de Rivoli contraignit encore une fois les Franconi à quitter cette salle; ils retournèrent au faubourg du Temple, à l'ancien emplacement du manège d'Astley ; mais leur nouveau théâtre construit à grand frais devint en 1826 la proie des flammes . A l'aide de nombreuses souscriptions, ils élevèrent le cirque du boulevard du Temple devenu de nos jours le cirque d'hiver.

Les Franconi ne se bornèrent pas toujours aux exercices équestres, et c'est avec succès qu'ils produisirent sur leur scène des éléphants et des cerfs dressés avec une rare habileté. Le singe Jocko et le cerf Coco firent courir tout Paris. L'administration du cirque eut l'idée de scinder en deux parties le spectacle : celui d'hiver au boulevard et celui d'été aux Champs Elysées.

Ce fut en 1835, qu'en vertu d'une décision ministérielle, MM Franconi et Ferdinand Lalou furent autorisés à donner aux Champs Elysées, des représentations équestres pendant la belle saison. Ils utilisèrent tout d'abord une vaste tente au Carré Marigny, à l'endroit même où devait s'élever le cirque (œuvre de l'architecte Hittorf, qui s'inspira du style pompéien, alors fort à la mode) qui pouvait contenir 4000 personnes. La salle était vaste et commode. Vue le soir, à travers la verdure, surtout lorsque l'intérieur était illuminé, cette construction faisait beaucoup d'effet ".




" Il semblait tout naturel d'édifier un cirque aux Champs-Elysées ; ce n'était, en somme, qu'un rappel du fameux Colisée, inauguré en 1771 et démoli en 1780. Ce Colisée dont un nom de rue évoque encore le souvenir et l'emplacement, comprenait non seulement une salle de spectacle mais encore des boutiques, un jardin, des cafés, et surtout un bassin assez vaste pour qu'on put y donner des fêtes nautiques. Les Parisiens de 1771 furent tout d'abord émerveillés par l'éclat des "deux mille bougies qui faisaient de la nuit le jour". Sur la pièce d'eau, des joutes de bateliers, des promenades en nacelles, des courses nautiques, des évolutions de trirèmes à l'antique. Mme Vigée-Lebrun raconte dans ses "amusants souvenirs" que le large perron qui précédait la salle de concert, était le rendez vous de tous les jeunes élégants de Paris qui, placés sous les portiques illuminés, ne laissaient passer une femme sans lancer une épigramme. Malgré tout, réunions dansantes, fêtes" hydrauliques et pyriques, évocations étrangères telles que les noces de l'empereur de Chine, spectacles aux affiches alléchantes, le Colisée ne parvint pas à attirer la foule aux Champs-Elysées qui semblaient alors fort éloignés de Paris. Bientôt, le bassin mal entretenu devint une crapaudière puante, les boutiques se fermèrent et, en 1780, l'établissement faisait faillite ; c'était en pure perte que plus de deux millions de livres y avaient été dépensées ".



Vous voyez ici en photo le clown coupable de l'infidélité de mon compagnon... (rires) . Donc c'est La piste aux étoiles que j'ai été voir, un spectacle magnifique, mais j'aime tous les cirques, je le précise encore !

" Mais, si le Colisée disparaissait, les Champs-Elysées prenaient chaque jour une importance plus grande. Les Parisiens et les étrangers s'y rendaient chaque soir, dans la belle saison. Sir John Cais, un Anglais visitant Paris en 1801, après la paix d'Amiens, en avait gardé un souvenir charmé. De toutes parts, ce n'était que bruit de musique et de danse, partout on valsait en buvant de la limonade. Les femmes étaient élégantes, rien ne pouvait égaler la gaieté sans souci, le joyeux oubli de toute préoccupation qui régnait en ce lieu : la musique était excellente.
Sous la Restauration, et encore plus sous le règne de Louis-Philippe, les Champs-Elysées furent un lieu de délices. Le cirque olympique devint le rendez-vous de toutes les élégances ; on y applaudissait le célèbre écuyer Baucher "qui domptait le plus terrible des chevaux d'Angleterre, le forçant à exécuter des quadrilles et des pas dont Vestris lui-même serait jaloux".
Dès sept heures du soir, il était impossible de se procurer une seule place. Trois mille personnes se pressaient pour applaudir la poste royale dans laquelle Mr Lalanne, en costume écossais, "montait cinq chevaux au son du pibroch …". Son rival, Mr Lejars, "en habit de Mercure" exécutait la grande voltige sur un cheval libre. Auriol, le grand équilibriste, le clown merveilleux, stupéfiait les spectateurs par son adresse et ses drôleries. Enfin Adolphe Franconi lui-même, le représentant de cette illustre dynastie, présentait en liberté des chevaux extraordinaires, désignant du bout du sabot la personne la plus amoureuse de la société, rapportant un drapeau, une fleur, une chaise et surtout … beaucoup d'argent au directeur !
Les écuyères du grand style s'appelaient Caroline Loyau , Mme Lejars, et, plus tard, Bradbury, Loiset, Elvira Guerra, Adèle Drouin. Un public idolâtre envahissait chaque soir l'immense salle. Les premières coûtaient 2 francs, les secondes 1 franc, les troisièmes 0 f 50. Franconi connut les joies du maximum !
Le cirque "d'été" comptait un jour chic. Chaque samedi, le cercle compact des écuyers vêtus d'un habit à la française bleu barbeau, des sportsmen, des clowns, des palefreniers en bottes à revers, des "artistes" attendant leur numéro, massés à l'entrée du passage des écuries, sous la surveillance de M. Loyal, s'écartaient pour laisser passer les lions et les lionnes qui, vers les neuf heures et demie du soir, venaient faire leur sensationnelle apparition.
Il était alors de bon ton de se montrer en société houleuse, avant que d'aller fouler le bitume du jardin Mabille à l'orchestre endiablé, dirigé par M PILODO .
Une heure durant, cette phalange de noceurs, arborant un gardénia à la boutonnière, applaudissait l'écuyère à la mode, le travail de haute école et les pitreries de clowns, puis, d'un pied leste, ils regagnaient l'avenue Montaigne où s'élevaient les palmiers de zinc du bal Mabille .
Paris posséda également plusieurs hippodromes, dont celui de l'Alma où furent présentées durant l'été, à ciel ouvert, des pantomimes magnifiques .
Le 3 juillet 1845, fut fondé l'hippodrome de l'étoile, dirigé par MM. Laurent Franconi père, Victor Franconi fils et Ferdinand Laloue ; on y donna le "camp du drap d'or", des courses de chars, des courses d'autruches, la "croix de Berny", et la chasse à courre. Cet établissement fut démoli en 1849 ".

Voici un extrait du spectacle que j'ai vu Dimanche et à la fin Roger Falck fait chanter son tigre...



" En 1852, Napoléon III inaugura le cirque Napoléon devenu, de nos jours, le cirque d'hiver.
L'hippodrome de la porte Dauphine, construit en 1854, dirigé par M Arnaud, disparut en 1869.
Rue de Lyon, il y avait un établissement où l'on présentait des spectacles similaires dits : "les arènes nationales".
En 1877, avec la direction Zidlern, fut présenté aux Parisiens, place clichy, un nouvel hippodrome, avec une verrière comme toit. Il avait une contenance de 8000 places, une piste de 84 m sur 48, une écurie de 200 chevaux. Il était ouvert de mars à septembre. Les artistes entraient dans l'arène dans l'ancien carrosse du duc de Brunswick. De nombreuses pantomimes furent données dans cet établissement, la chasse à courre en 1878, Cadet Roussel en 82, Jeanne d'arc avec ses décors transparents en toile métallique, etc.
Le Théâtre Gaumont Palace a été édifié sur cet emplacement.
En 1886 s'ouvrira, rue St Honoré, le nouveau cirque et, en 1873, le clown Fernando créera à Montmartre un cirque qui sera repris en 1900 par le célèbre Medrano, un clown de sa troupe.
Enfin, le dernier cirque de ce genre, le Cirque de Paris, s'ouvrira vers 1910 près de l'Ecole Militaire ".

Une autre belle vidéo où l'on voit bien les trapezzistes :



" Hélas ! le cirque se meurt. Fini le genre de FOOTIT et Chocolat qui, depuis 1888, amusèrent nos générations. De nos jours, nous avons les Boulicot, Recordier, Grock, Antonett, Fratellini, les frères Paul, Albert et François, mais ces clowns sont devenus des excentriques du music-hall.
De ce fait, le cirque rechercha la mise en scène du music-hall, mais il ne put y parvenir, car, outre des artistes de cirque, le music-hall présentait des danseurs, des chanteurs et des revues à girls.
"On aura tout vu ! on aura tout vu ! " car jadis le cirque, le théâtre et le music-hall, trinité parisienne, ne faisaient qu'un lorsqu'il s'agissait d'amuser et de faire rire les "cochons de payants ".

Il faut attendre 1852 et Louis Dejean pour que ces spectacles s’enrichissent des numéros des forains. Cela se passe au cirque Napoléon, aujourd’hui appelé cirque d’Hiver ".

Je pose ici un lien de slide, très beau, les images sont magnifiques :
http://www.youtube.com/watch?v=4T7da_Foivo&NR=1

" De leur côté les cirques ambulants, qui sont souvent constitués de membres d’une même famille, continuent de circuler de ville en ville. Ils sont équipés de chapiteaux, qui sont apparus en 1825 aux Etats-Unis, et nécessitent beaucoup d’espace pour installer leur campement et la ménagerie.
Quand ils arrivent dans une ville, une partie de la troupe dresse le campement, une autre dresse la chapiteau pendant qu’une troisième organise une parade afin d’annoncer le spectacle.

C’est ce type de spectacle que l’on appelle le « cirque traditionnel ».
Certains éléments se retrouve de façon systématique et sont des composantes essentielles au spectacle :
- Le spectacle a lieu sous chapiteau, autour d’une piste circulaire
- Monsieur Loyal présente chaque numéro
- Le spectacle n’a pas d’unité mais présente une succession de numéros indépendants
- On trouve plusieurs disciplines : acrobatie, mime, jonglage, trapèze, équilibre, fil de fer, clowns….
- Il y a des numéros avec des animaux
- Le spectacle est mis en musique par un orchestre ou une fanfare qui fait partie de la troupe.

Cet univers du cirque a fasciné beaucoup d’artistes au 19ème siècle. Ainsi, de nombreux auteurs, poètes et surtout peintres ont exploité ce thème dans leur discipline respective ".

Un autre très beau lien de slide : Les girls Falck
http://www.youtube.com/watch?v=L3cIWq0utUw&feature=related

Le cirque nouveau :

" Mais peu après la seconde guerre mondiale, dans les années 50, le cirque traditionnel connaît une crise et une désaffection du public qui s’explique notamment par la généralisation de la radio et de la télévision.

Dans les années 70, de jeunes artistes de cirque essaient alors de renouveler les arts du cirque en apportant quelques modifications :
- Les spectacle n’a plus forcément lieu sous un chapiteau ni autour d’une piste circulaire mais il peut également se dérouler sur des scènes de théâtre ou dans la rue.
- Disparition des numéros de dressage et du personnage systématique de Monsieur Loyal
- Le spectacle est conçu comme étant une seule et même histoire et non plus une succession de numéros sans lien entre eux
- Le cirque s’ouvre vers d’autres disciplines qui sont intégrées dans les spectacles : théâtre, danse, arts de la rue, vidéo, marionnettes…) ".

C’est ce qu’on appelle « le cirque nouveau ». (Divers sites)

Je ne peux pas m'empêcher de terminer ce billet par une vidéo extraordinaire, qui me fascine personnellement!
C'est du trapèze et cette soviétique, en répétition ici, m'éblouit litteralement !
Une merveille !

Ekaterina Karmashova trapez



Vive le cirque ! Allez au cirque !



Cirque Bidon

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