lundi 25 mai 2015

1.Piotr llich Tchaïkovsky : Une mise à mort bien orchestrée !


Dernier portrait de Tchaïkovski en 1893 

" Piotr Ilitch Tchaïkovski (en russe : Пётр Ильич ЧайковскийPrononciation), orthographié aussi Tchaïkovsky, est un compositeur russe de l’époque romantique né le à Votkinsk et mort le à Saint-Pétersbourg."

J'avais dix ans à cette époque là à Maisons-Alfort, banlieue de Paris.
A quelques jours de la fête des mères et en ce jour de Pentecôte, mais surtout à cause d' évènements très important pour moi, je tente de dire quelque chose sur La pathétique.. Cela fait un moment que je pensais le faire.. Rien n'est du au hasard, et c'est beaucoup plus lié à mon blog que cela en à l'air et que je ne me permets de le dire ici.
A dix ans, j'ai enfin exigé des explications sur ma naissance, je les ai obtenues..Destin tragique de ma mère à ma naissance, bien plus lié à une erreur médicale répétée qu'à un " accident ". Destin tragique d'un collègue de travail de mon père, qui s'était suicidé quelques mois avant et mon père, oubliant ma présence dans la pièce, en avait parlé à ma mère. J'avais pensé : " Oh ! Comme il devait être malheureux " ..
Est ce cela qui à provoqué ce magistral trouble émotionnel ?
Les choses restent floues pour moi, je ne peux parler que par déduction..

C'était l'après midi. Mon père était au travail et ma mère partie chez une amie, pas longtemps..
Seule, je ressentais de nouveau une soif de musique classique, mais de quelque chose de profond.. Je connaissais par cœur mes autres disques !Avec le peu d'argent de poche que j'avais, je descendis chez le disquaire du coin et regardais dans les rayonnages. Je cherchais, je ne savais quoi, qui, quel compositeur.. Je vis " Casse noisettes " de Tchaïkovsky et pensais que je connaissais, que c'était trop " gamin"  (mais oui.. ). Je voulais autre chose.. Puis je vis : " Symphonie N°6 de Tchaïkovski dite "La Pathétique". Et je décidais de l'acheter..

Je remontais chez moi. Je posais le disque sur la platine et, assise par terre, j'écoutais. Et dès les premières notes, violons et hautbois, j'ai été envahie par l’atmosphère tragique de la musique.
J'ai été couchée..
Allongée sur la moquette pendant que la symphonie se déversait sur moi, j'ai pensé : " Ça c'est l'homme abattu par le destin " textuellement, exactement, alors que j'ignorais tout de la vie de Tchaïkovsky, son homosexualité et sa souffrance..Et son cheval de bataille : l'homme et le destin !
Je faisais tellement corps avec sa symphonie qui me terrassait et que j'aimais en même temps que je ne faisais plus qu'une avec les notes, comme quelque chose au-delà de tout..
Je découvrais cette symphonie et elle m'était en même temps comme familière..
Je pensais qu'il n'était pas possible qu'après avoir composé une telle symphonie l'auteur ne soit pas allé vers le suicide..Dans ma tête de petite fille de dix ans, cela me semblait logique.

J'ai aimé Tchaïkovski plus que jamais et à jamais !

Pyotr Ilyich Tchaikovsky - Symphony No. 6 "Pathétique" in B minor, Op. 74 (1893) :
1. Adagio. Allegro non troppo
2. Allegro con grazia
3. Allegro molto vivace
4. Finale. Adagio lamentoso. Andante

Moskow Radio Symphony Orchestra
Conductor - Vladimir Fedoseyev
Recorded live at the Alte Oper Frankfurt, 1991



Une autre direction de La Pathétique que je trouve remarquable, sublime mais non autorisé à l'intégration :
La Pathétique, intégrale : Direction Youri Temirkanov :
https://youtu.be/uZmLx4w2VHo?list=FLcAfX6enbHjWC7p6_bE_vww

J'éprouvais tout pendant l'écoute : Le désespoir, la révolte, vaine, le martellement des pas de quelqu'un qui est obligé de se retirer, de la mort qui approche, qui s'éloigne, qui emporte, l'amour de la vie empreint d'une nostalgie et d'une amertume sans fond, le combat  impossible contre les évènements, une force qui vous arrache à ce que l'on aime et contre laquelle il est impossible de lutter, un poids impossible à soulever, une fausse valse ou l'on ne peut pas rester dans la gaieté ou la futilité parfois bien utile, une valse ou tout retombe dans la souffrance parce que on  s'aperçoit qu'on valse peut être avec la mort..ce qui s'étire et ce qui explose, un cri de désespoir interminable et à la fin, l'abattement total..L'implacable !

Mais je ne me noyais pas dans la Symphonie de Tchaïkovsky, comme un océan sublime, simplement elle me portait, elle m’emmenait loin, très loin.. Il fallait que je retrouve mon chemin..

Bref, je nageais en plein pathos ! Mais c'était mon pathos, pas celui de Tchaïkovsky, je n'étais pas lui, je n'étais pas son histoire, c'était la mienne que je ne pouvais exprimer, dire (je ferais beaucoup plus tard une psychanalyse... qui ne résoud pas tout..) mais comme je me sentais proche de lui, de ce compositeur !

Lorsque, prostrée, j'entendis le silence après les dernières notes, je me relevais et arrêtai la platine disque.
Cette symphonie allait me travailler à mon insu et si je l'ai réécouté deux ou trois fois par la suite, pendant des années de ma vie, pour ne pas perdre le nord, je refuserais de l'écouter.
La 6 ème......pas Tchaïkovsky !
Trop d'émotions fortes dans La Pathétique !
Elle m'était tellement rentrée dans la peau, elle faisait tellement partie de moi qu'elle résonnait, inconsciemment, en moi.
Je pense qu'il est très important de dialoguer avec les enfants. Si j'avais pu en parler à quelqu'un, de ces ressentis, peut-être que les choses auraient été mieux pour moi . En tous cas, cela aurait enlevé du "pathos" et peut-être évité certaines choses..

" Elle fut surnommée « Pathétique » (Патетическая en russe) par Modeste Tchaïkovski, le frère du compositeur, en raison du caractère extrêmement tourmenté de l'œuvre. Son frère ayant proposé le sous-titre initial « Tragique », Tchaikovsky le rejeta, avant d'accepter le sous-titre « Pathétique ». En outre, Tchaïkovski avoua, dans une lettre à son frère, avoir beaucoup pleuré en composant cette symphonie. Détail notable, cette symphonie est la première à terminer par un mouvement lent : Adagio lamentoso (si l'on excepte la Symphonie no 45 « Les Adieux » de Haydn qui se termine aussi par un Adagio mais qui se justifie non par choix esthétique comme ici mais pour incorporer le fameux « gag » final : les musiciens quittant l'orchestre les uns après les autres jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le premier violon), ce qui renforce encore le côté pathétique de l'œuvre et le sentiment de désespoir. La mort soudaine du compositeur la même année, quelques jours après avoir dirigé la création de cette symphonie, fit courir la rumeur qu'il y avait, comme Mozart, composé son propre requiem. La citation de la messe pour les morts de l'Église orthodoxe dans le premier mouvement est un des éléments qui appuient cette thèse ".

Une vidéo d'une rare beauté, qui reflète bien cette 6 ème symphonie.
L'auteur de cette vidéo, frederick292  à très bien ressenti Tchaïkovski:




Mort de Tchaïkovsky  : 

" Tchaïkovski meurt le à Saint-Pétersbourg, dans l'appartement de son frère Modeste, au 13 rue Malaïa Morskaïa, neuf jours après la création de sa sixième symphonie « Pathétique ». Il bénéficie de funérailles nationales célébrées par l'évêque de Narva, Mgr Nicandre Moltchanov à la cathédrale Notre-Dame de Kazan auxquelles assistent près de 8 000 personnes. Le cercueil de Tchaïkovski est porté par des proches, dont le prince Alexandre d'Oldenbourg (1844-1932), cousin de l'empereur, les frais des funérailles étant couverts par la Maison de Sa Majesté impériale. Le chœur de la cathédrale et le chœur de l'Opéra impérial russe accompagnent la cérémonie, en présence de son ami le grand-duc Constantin de Russie qui écrit le lendemain dans son Journal que « les murs de la cathédrale n'étaient pas suffisants pour contenir ceux qui voulaient prier pour le repos de l'âme de Piotr Ilitch ». L'inhumation a lieu ensuite au cimetière Tikhvine du monastère Alexandre-Nevski, "  wikipedia

" La sixième symphonie est dédiée à Vladimir Davydov (le neveu du compositeur) et son exécution dure environ 45 minutes. Pour les extrêmes, l'enregistrement de Léonard Bernstein en 1961 avec l'Orchestre philharmonique de New York dure 58 minutes, et celui d'Oskar Fried en 1931 est bouclé en 39 minutes[1].
La première représentation eut lieu à Saint-Pétersbourg le 28 octobre 1893 sous la direction du compositeur lui-même. L'accueil du public fut cependant très mitigé. Ce n'est que trois semaines plus tard, sous la baguette de Napravnik que la Pathétique connut le véritable succès. Malheureusement, entre-temps Tchaïkovski était mort ".wikipedia

Plus tard des doutes s'emparèrent de moi. Ce que j'avais ressenti étant petite fille n'était pas totalement faux mais pas totalement vrai.. Je ne voyais plus Tchaïkovsky se suicider. Mais je voyais toujours une prescience, en lui, de sa propre mort, dans la motivation de la composition de la 6 ème symphonie. C'était tellement flagrant !
Et en recherchant avec mes petits moyens ( car je ne parle pas le russe ) , je fut de plus en plus convaincue que l'on avait obligé Tchaïkovski à mettre fin à ses jours, suite à sa liaison avec un noble, mineur. N'oublions pas que Tchaïkovski était homosexuel à une époque et dans une Société ou ce choix sexuel était plus que banni. Et pour les gens de la Haute, c'était trop dangereux que l'on puisse savoir...Il fallait que Tchaïkovsky meure.Je crois et n'en démordrais pas, à la version de Madame Alexandra Orlova et à ce Tribunal d’Honneur,  c'est à dire à ce crime autorisé, légalisé..et impuni !

" On attribue généralement au choléra la mort du compositeur (en), qui aurait bu de l’eau de la Néva non stérilisée. Le manque de preuves quant au diagnostic de la maladie, la confusion des témoignages des proches, et la considération des effets de l'alcool et du tabac à long terme ne permettent cependant pas de clarifier les causes exactes de son décès. Certains pensent qu’il s'agirait d'un suicide. D'après l'une des théories, à la suite de la découverte de la relation du compositeur avec le jeune officier de dix-sept ans Victor Stenbock-Fermor, le neveu (mineur) du prince Stenbock-Fermor, maréchal du palais, ce dernier aurait dénoncé le compositeur par une lettre au procureur Nikolaï Borisovitch Jacobi et Tchaïkovski aurait en fait été poussé au suicide (boire un flacon d'arsenic) par un tribunal d'honneur constitué d'anciens étudiants du Collège impérial de la Jurisprudence de Saint-Pétersbourg16. Cette théorie fut présentée par la musicologue russe Alexandra Orlova en 1979 après son émigration aux États-Unis, sur les bases de révélations qui lui furent faites en 1966 par Alexander Voitov, élève et historien du Collège impérial de la Jurisprudence de Saint-Pétersbourg17 ". extrait wikipedia 


Tombe de Tchaïkovsky

"...sa tombe se trouve aux côtés de celles d'Alexandre Borodine, Mikhaïl Glinka, Nikolaï Rimski-Korsakov, Mili Balakirev et Modeste Moussorgski. Du fait de son innovation dans la forme et de son contenu émotionnel accablant, la « Pathétique » fut reçue la première fois avec un silence d'incompréhension de la part du public. Vingt jours plus tard, sous la direction d'Eduard Nápravník lors d'un concert en mémoire du compositeur, la symphonie fut reçue plus favorablement. Elle est devenue depuis l'une des compositions de Tchaïkovski les plus célèbres ". extrait wikipedia

Ils ont tué Tchaïkovski, ils ont tué un grand compositeur et un être humain exceptionnel d'une rare grandeur !
Ils l'ont tué, ni vus ni connus...

En ce Jour de Pentecôte j'éprouve pour Tchaïkovsk, outre l'admiration que j'ai toujours eu pour lui, une tendresse et une compassion immense pour cet épisode de sa vie terrestre. De l'admiration pour son courage devant l'inévitable et la leçon qu'il donne avec la profondeur de sa 6 ème symphonie dite La Pathétique..
Mettons avec autant de talent en scène notre mort ... si on y arrive...!

Tout n'est pas noir pour moi comme pour tout le monde, car plus tard, j'ai rêvé de ma vie comme une scène de théâtre, rêve en noir et blanc.
Le décor du ballet représentait un amas de ruines, comme si un tremblement de terre était passé par là..
Tout n'était que désolation et les gravas jonchaient le sol. Et pourtant j'étais là, debout, sur pointes, triomphante, en maillot de danse classique et quitte à abimer mes chaussons, sur ces ruines, je dansais !
J'ai aimé ce rêve...

Et puis :
Lutter contre le destin, ce n'est pas seulement lutter contre un destin individuel.
C'est aussi aider dans des causes humanitaires, pour modifier le destin d'un peuple, d'une tribu.
Autant qu'il nous est possible.
C'est indispensable.

Tchaïkovski est aimé de Dieu, j'en suis sûre.. Des anges, certainement ! Mais les anges sont l'émanation de Dieu. Car précédemment, il avait composé le chœur des Chérubins, ces anges qui, par Tchaïkovski, nous interpellent impérativement de si haut. Il est certainement avec eux !

Rejoignons les couches célestes et la Paix de sa composition. Laissons pleuvoir sur nous ces bénédictions..


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