dimanche 11 mars 2012

3. Jean Ferrat, deux ans déjà !


Le 13 mars 2010, Jean Ferrat nous quittait...

De ses chansons engagées à celles qui témoignent de l'amour de la nature, des animaux (il à été le seul avec Georges Chelon, à composer une chanson pour son chien) et de son amour pour les autres, il nous laisse un répertoire d'une richesse rare pour la chanson française.
Sans oublier les poèmes d'Aragon mit en musique et cela, il fallait le faire !

Détestant les feux de la rampe, il s'éloignait volontairement de la scène, et l'à quittée très tôt.
Malgrè cela, lorsqu'il est partir rejoindre d'autres cieux et ceux qui l'avaient précédés : Brassens, Brel, barbara, et j'en passe, un immense cri d'amour s'est élevé de toutes part!
C'est là que l'on s'aperçoit du charisme inouï d'une personne : malgrè son absence de la scène sepuis si longtemps, c'est comme s'il avait toujours été là, pour que la douleur de la séparation fut si vive!

Là.... Ancré au plus profond de nous...

Et sa révolte n'était pas comprise par tous...
Où bien Marie Laforêt était immature et n'avait encore RIEN comprit à la chanson engagée...Où bien elle était dans un moment de c.......Et j'espère pour elle que le temps à fait quelque chose à l'affaire, malgrè ce que dit Brassens " le temps ne fait rien à l'affaire, qand on est c.., on est c.. "

Ecoutez plutôt, ainsi que la réponse de Jean Ferrat :



Marie Laforêt vs Jean Ferrat 1972 par sylvainsyl

Mais laissons parler ceux qui l'ont aimé, connus ou pas...



FREDERIC4258


Ensuite Guy Thomas, qui à été un grand ami de Jean Ferrat :




Et combien d'autres encore ont parlé de lui ? Tout à l'heure à Chabada, il y à un spécial Jean Ferrat...

Pour ne retenir aujourd'hui que ce texte, un parmi d'autres... Celui-ci est aussi très beau :

« En France, la fin des années 50 et les années 60 sont incontestablement les années rock, puis twist, madison et jerk. Ce furent aussi les années Beatles, Rolling-Stones pour ne citer que les groupes leaders. Quel jeune de l'époque n'adhérait pas à ces mouvements musicaux et qui exprimaient aussi des changements sociétaux profonds? Nous étions entre 15 et 20 ans après la seconde guerre mondiale et la guerre d'Algérie prit fin en 1962. Six ans après, mai 1968, à traduit ce vent de liberté qui soufflait en musique dans nos têtes alors que la société de consommation s'imposait chaque jour un peu plus. N'étions-nous pas au coeur des trente glorieuses?

Durant ces années Yé-Yé auxquelles nous participions activement, nombre d'entre nous pour ne pas dire un nombre considérable, écoutions dans le même temps sans contradiction et , d'autres expressions, d'autres paroles, d'autres mélodies portées par de fortes personnalités, par des individus exceptionnels, des artistes d'exception. Je pense particulièrement à George Brassens, Jacques Brel, Léo Férré, Barbara et un certain Jean Ferrat.

Des cinq, Ferrat était jusqu'à ce samedi 13 mars le dernier vivant. Avec ses complices il nous a permis de nous construire des repères, et d'établir des valeurs. Ne criait-il pas la révolte, l'insoumission, des convictions. Au-delà de l'engagement, de sa voix chaude et profonde ne chantait-il pas l'amour, l'amitié, la nature. Son nom d'artiste n'est-il pas le fruit d'un coup de foudre pour Saint Jean Cap Férrat ?

Avec "Nuit et brouillard" qui fait référence à la déportation et l'histoire tragique de son père, il est de ces artistes qui dans les années 60 ont connu la censure de l'Etat Gaulliste qui dans un consensus très largement partagé par la société française était de gommer toute implication de l'Etat Français dans cette tragédie. Avant cette chanson, en 1956, le film d'Alain Resnais avait connu la censure de la IVè République, et s'était vu obligé d'effacer les images montrant les gendarmes français surveillant le camp de Pithiviers. N'oublions pas que Nuit et Brouillard est le nom d'un décret et de directives prises par les nazis le 7 décembre 1941 dont l'objectif est de déporter et de faire disparaître toute personne ayant des activités de résistance ou de désordre contre les autorités du Reich. Re censure dans l'audio-visuel avec Potemkine, mais qu'importe 33 et 45 tours se vendaient comme des petits pains. Privé durant trois années de télévision pour s'être présenté à Antraigues-sur-Volane (Ardèche) derrière un maire communiste dont il sera adjoint à la culture durant deux mandats ".


Nuit et brouillard, une chanson pour l'éternité


" Jean quitta la scène en 1972 tout en poursuivant son oeuvre de poète et à enregistrer des disques. En 1964, tombé sous le charme des lieux, il avait acheté sa demeure,justement à Antraigues. Fidèle, il y restera jusqu'à sa fin, tout en nous écrivant cette sublime carte musicale "la montagne". Discret, on l'entendait moins toutes ces dernières années, mais qu'importe on te savait là dans ta montagne, comme dans un parfum d'éternité...

Cette discrétion, il y tenait. Mais s'imaginait-il sérieusement partir sur la pointe des pieds sans se faire remarquer ? Notre peine est profonde et les 5 à 6000 personnes présentes là bas en Ardèche le jeudi en représentaient tellement et tellement d'autres dont moi. Sans doute y-eut-il des larmes, normal, c'est l'homme bon, généreux et humain que l'on pleure, mais de suite, notre tristesse s'est muée en notes de musique, les siennes. Depuis l'annonce de la triste nouvelle toutes sont remontées d'un coup et circulent en boucle dans tout mon être. Le répertoire est vaste et tant mieux.

Merci à toi Jean, le poète et le chanteur de nous avoir donné le meilleur de toi à travers ces témoignages d'instants de vie ou de situations comme "ma môme", "deux enfants au soleil", "c'est toujours la première fois", "à Brassens", "la montagne", "les belles étrangères", "les nomades", "Maria", "nuit et brouillard", "Potemkine", "c'est beau la vie", "camarade", et les quelques deux cents autres que je n'oublie pas. Merci à toi Jean d'avoir mis en musique et d'avoir chanter et nous faire chanter les poèmes d'Aragon comme: "j'entends, j'entends", "c'est si peu dire que je t'aime", "aimer à perdre la raison", "nous dormirons ensemble", "que serais-je sans toi ?", "heureux celui qui meurt d'aimer", "un jour un jour" et les autres toutes aussi magiques et qui mettent en valeur la part lumineuse de notre être.

En ces temps de débat autour de l'identité nationale, toi le fils de cet immigré russe du Caucase du nom de Tenenbaum, arrété en 1942, déporté à Auschwitz, dont il ne reviendra pas, comme tu fus inspiré lorsque après l'avoir écrite et mise en musique, tu enregistras en 1969 "ma France". Tu sais aujourd'hui, 40 ans après, lorsque tu vas pour renouveler tes pièces d'identité, désormais il faut justifier de la nationalité (française!) de tes parents...

Finalement tu n'a pas disparu. Seulement ton corps repose là bas dans ta belle montagne, et nous tous portons une part de toi en parole et musique, merci Jean et au revoir.
Le blog de BURGUNDER Jean-Luc Lundi 22 mars 2010 "
http://burgunder.over-blog.com/110-index.html



Liens précédents sur Jean Ferrat ? Aller Mars 2008 " Dis bonjour à Monsieur Tenenbaum ", et ce lien renverra à la suite..

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