vendredi 6 janvier 2012

1. Le jardin dévasté.



envoyée par mirrlauu

Jusqu'où irons-nous dans la destruction de notre environnement ? Nous ne sommes pas responsables, nous, les petits particuliers, de la pollution de l'environnement, pas directement! On nous culpabilise et on nous demande de prendre moult précautions pour préserver l'environnement mais à quoi cela sert-il ? A rien..Tant que les multinationales continueront, par soif de profit de polluer la terre, jusqu'en Alaska ! On se moque de nous et on ferait bien de s'attaquer directement à la source du problème. Je sais, certains s'y essaient et c'est la lutte du pot de terre contre le pot de fer..

hebergeur d'image

Buron auvergnat

A chaque fois que j'arrive face à des vieilles maisons dans des bourgades, des vieilles maisons qui souvent menacent de s'écrouler, je le reconnais, je sais qu'elles seront détruites pour être remplacées par des appartements en béton, aux couleurs et aux volets bleus, oranges ou vert, toutes les mêmes, sans âme. Si ce n'est pas par des affreux immeubles..dans lequel je vis aussi! Bien que le mien ne soit pas trop moche et trop haut. Ceci est très présent en moi, qui ai beaucoup vécu et grandi à la campagne dans le Gers, à SAUBOIRE-Manciet, près d'Eauze, capitale de l'Armagnac. Pour moi, les pierres ont une âme, elles sont vivantes, ainsi que les vieilles demeures. Les pierres sont des minéraux et c'est pour cela qu'elles vibrent, qu'elles emmagasinent l'atmosphère ambiante, peut-être même des bribes d'histoire humaine, peur-être. Contrairement à ces choses carrés ou rectangulaires dans lesquelles nous vivons la plupart du temps. C'est pour cela que j'ai toujours aimé la chanson de Graeme Allright, je la connais par coeur!



envoyée par Bobineland

Vivre dans la pierre est devenu un luxe...

Je me rappelle. Aussi loin que remontent mes souvenirs, lorsque nous arrivions au Pesquidou (nom de la ferme), je descendais précipitamment de la voiture et sans prendre le temps de dire bonjour à ma famille, oui oui, je me précipitais vers les champs en courant, je rejoignais l'étendue des prés, l'orée du bois, j'avais besoin de cette prise de contact immédiate avec la nature. Ma mère s'exclamait à chaque fois : " Mais tu pourrais dire bonjour!" et mon père répondait : " Laisse là, elle va revenir! " et ma tante et on oncle et ma cousine ne s'en offusquaient jamais, on me comprenait. Et je revenais aussitôt et me jetait à leur cou. C'était toujours comme cela, comme un rituel! J'étais comme happée par la nature.
Nous n'avions pas l'eau courante (mais nous avions la télé), et j'allais la chercher dans deux seaux chez les voisins, plus modernes. Je traversais les vignes à la nuit tombante, je m'inventais des peurs..J'ai travaillé à la ferme et j'ai fait aussi parfois les vendanges.
Je me refaisais une santé à chaque fois. C'est pour cela que l'on m'y conduisait souvent. Comme je n'avais pas constamment mes parents sur le dos à ces moments là, l'anorexique que j'étais semblait temporairement disparaître.
J'égrenais le maïs dans le grenier, je donnais à manger aux poules, aux canards (je reconnais n'avoir jamais pu égorger un poulet cependant), l'eau grasse de la vaisselle, je la mélangeais avec du son et des carottes dans deux grands seaux et j'allais nourrir les cochons.
Et que les gens de la ville se taisent car ils n'y connaissent rien : Dans la porcherie, je plongeais mes mains dans la paille pour prendre le dernier petit cochon né que je câlinais, c'était tout le temps comme ça. La mère me laissait faire, impassible. Ce petit cochon que j'avais baptisé d'un prénom, comme mon oncle avait baptisé ses vaches de noms de Présidents de la République ou autres hommes politiques importants hebergeur d'image. Cela se faisait à la campagne...

Jamais vivre ainsi...Et j'étais heureuse.

Ma chambre était contiguë à l'étable si bien que je n'avais jamais froid l'hiver.
La nuit, je me levais quelques fois pour aller dans la salle commune écraser des cafards qui faisaient du boucan près de la cheminée et les jetait dans le feu. Puis, de guerre lasse je restais sous mon édredon et finissais par m'endormir. Bercée par l'écho du souffle puissant des vaches derrière le mur..



Le matin, le cri saccadé des dindons près de la marre me réveillait en premier, suivi du jacassement des oies en procession puis des canards. J'écoutais un petit moment avec délice. Et je me levais, prenais un seau et allait traire les vaches, manuellement bien sûr! C'était une petite ferme. Mon oncle, le frère de ma mère, n'avait que 6 vaches.
J'avais mon premier bol de lait tiède et mousseux, en petit déjeuner avec tout le reste, confiture, pâté.. On ne se formalise pas à la campagne, les petits déjeuners mélangent souvent le sucré et le salé!
Puis souvent j'accompagnais mon oncle aux foins. Quand ce n'était pas, l'été, ces fastidieux devoirs de vacances que j'accomplissais en soupirant.
Quelle joie lorsque Tonton Georges m'offrit ma première paire de sabots q'il avait lui-même confectionnée! Où sont-ils maintenant ?

Une fois par semaine, ma cousine Elia et moi allions au lavoir. Nous transportions le linge sale et traversions le petit bois, c'était toute une aventure..Puis nous l’essorions autant que nous pouvions Mais au retour était était plus lourd quand même...

Puis le progrès est arrivé avec ses avantages et ses inconvénients. Les machines sont venues alléger le travail des fermiers et remplacer la main d'oeuvre humaine et les fermiers sont devenus individualistes. C'est ainsi.
Finit les réunions entre fermes!
J'ai connu le dernier dépiquage du blé où nous nous réunissions toutes les fermes à la ronde pour nous entraider, avec ces immenses repas... Après, ce fut chacun pour soi...

J'entends encore l'écho du Gers de mon enfance et de mon adolescence, l'écho de la voix de Tonton Georges qui grondait fort les vaches qui traînaient à rentrer à l'étable, dans un patois.... pas très châtié et que je ne répéterais pas ici!hebergeur d'image. Tonton Georges qui avait toujours les larmes aux yeux lorsque je repartais, tant il m'aimait...Que d'amour j'ai eut au Pesquidou!
Il y aurait tant de choses à raconter...

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Lac Servière près de Clermont-Ferrand, ancien cratère, 1202 m


Oui, j'ai souvent pensé que j'avais eu de la chance de connaitre la vraie campagne, même si j'ai connu une période vite révolue et combien de fois j'ai plaint ceux qui ne savent rien de tout cela, ceux qui sont nés dans le béton, l'asphalte et le bitume et c'est pour cela que j'aime cette chanson de Moustaki.
C'est également pour cela que j'ai souvent retenu ma mauvaise humeur devant les questions incessantes et moqueuse d'un ami de Paris, au sujet d'un monde qu'il ne connait pas mais qu'il voulait que je lui raconte. Il y revenait sans cesse à tel point que j'en avais marre parfois et puis je me disais qu'il cherchait à savoir. Mais je prenais conscience d'un tel fossé qui existait entre maintenant et... avant..

Et comme tous les poètes, Jean Ferrat aussi était un visionnaire :


Nostalgie du passé ! Quand tu nous tiens...

Dans ma vie, j'ai eu trois périodes fortes où j'ai été heureuse, malgré tout : Dans le Gers, à Toulouse chez ma grand-mère, et au contact des gitans et de leur musique.

Mais terminons en flamenco pour dynamiser tout cela ! J'ai commencé avec Georges Moustaki, je termine avec lui. N'oublions pas de le remercier pour toutes ces belles chansons qu'ils nous à offertes, lui qui ne peut plus chanter maintenant à cause de problèmes respiratoires je crois.



envoyée par gitano13120

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