mardi 4 décembre 2012

1. Barbara à fleur de peau

hebergeur d'image
Aujourd'hui c'est la Sainte Barbe ou la Sainte Barbara.
J'ai depuis hier accès à mon blog (j'ai eu quelques problèmes techniques) et j'en profite pour rendre hommage, en retard, à la chanteuse qui à le plus compté pour moi : Barbara
Le 24 novembre était l'anniversaire des 15 ans de sa disparition.
Je n'ai jusqu'à présent pas parlé d'elle, mais Barbara à bouleversé ma vie au sens concret du terme, on va le voir plus bas.
En surplus, j'ai eut d'énormes difficultés techniques avec mon blog alors que je tentais de rédiger ce billet le 24 novembre

J'ai découvert Barbara lorsque j'étais adolescente, je ne sais plus quand !
Pendant un certain temps, même Jean Ferrat était passé au second plan, c'est peu dire !
La seule chose que je puis dire, c'est que lorsque je l'ai découverte, j'ai admiré la chanteuse, la femme (peut-on les séparer), je l'ai aimée toute.

Adolescente, toujours en quête d'absolu, au milieu de mes complexes et de mes problèmes, révoltée, Barbara semblait un écho de moi-même.
Et beaucoup de femmes ont ressenti cela en l'écoutant.
 Elle m'à envoûtée, bouleversée. Il n'y avait rien d'elle que je pouvais rejeter.
Lorsqu'elle posait les doigts sur son piano il y avait une seconde où le temps semblait suspendu. Une note... et c'était comme si elle déclenchait le bruissement de la vie et que l'univers n'attendait que ça.
Sa voix qui paraissait parfois si fragile au point de paraitre au bord de la rupture la reflétait bien ; Fragile mais résistante, envers et contre tout (ce que je n'étais pas), marquée par les épreuves et une immense sensibilité mais aussi dans ce qu'on appellerait maintenant la résilience, sa voix, empreinte de pudeur et d'audace en même temps. Sa voix si belle, si jolie, si jeune!
Et un déferlement de sentiments si profonds et si intenses...Elle touchait les gens au plus intime d'eux-mêmes
avec passion et "violence " terme qu'elle employait souvent ! Elle était toujours écorchée vive et se donnait entièrement à son public.

“ Je ne connais pas de joie plus grande que celle de donner, de se sacrifier, de se dépouiller pour ceux que l’on aime ou pour ceux que l’on ne connait pas…quelque part. Vraiment je ne connais pas de joie plus grande. En fait je pense que tout est amour. Ma religion c’est l’amour. Si je n’avais pas chanté, sans doute je serais devenue bonne sœur ou putain. Je crois qu’il faut se bruler. Il faut vivre jusqu’à la déchirure, passionnément. » Barbara
Extrait d'une magnifique vidéo :


une autre interview :

Assoiffée d'absolu et de vouloir vivre, Barbara répondait à tout ce à quoi j'aspirais dans ma tête d'adolescente. Elle était la vie!
Elle était La Femme...
Et j'en ai fait des vertes et des pas mures !



" Monique Andrée Serf, dite Barbara (ou Barbara Brodi à ses débuts), est une auteur-compositeur-interprète française, née le 9 juin 1930 à Paris et morte le 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, âgée de 67 ans et inhumée dans la 4e division du Cimetière parisien de Bagneux.
Sa poésie engagée, la beauté mélodique de ses compositions et la profondeur de l’émotion que dégageait sa voix lui assurèrent un public qui la suivit pendant quarante ans.

Biographie : Née dans le 17e arrondissement de Paris au 6 rue Brochant, Monique Serf passe dans ce quartier des Batignolles les premières années de sa vie entourée de ses parents, Jacques, juif alsacien et Esther Brodsky[Note 1], de sa grand-mère russe et de son frère Jean, de deux ans son aîné. La famille s’est agrandie : une deuxième fille, Régine, est née à Roanne en 1938 et un deuxième garçon, Claude, né à Tarbes en 1942.

Bien avant que la guerre éclate, sa jeunesse est marquée par des déménagements successifs rue Nollet à Paris en 1931, au 6 boulevard Gaston Crémieux à Marseille en 1937, ceux-ci redoubleront sous l’occupation nazie pour fuir la chasse faite aux Juifs sous le gouvernement de Vichy. S’y ajouteront les séparations pour déjouer les dénonciations. À la fin de la guerre, les membres de la famille se retrouvent au Vésinet.

Barbara aura à supporter le comportement incestueux de son père pendant son enfance. Elle refusera d'évoquer le drame en public, sauf dans ses Mémoires[1][réf. insuffisante] ".

extrait wikipedia, allez visiter : http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara
et aller voir, c'est splendide : http://mybabou.cowblog.fr/temoignages-157639/1.html


Poser des vidéos de ses chansons est une gageure.Ses chansons sont toutes belles..Alors le choix est difficile. Il y à celles que l'on connait et celles que l'on connait moins..Sauf pour les vrais fans

A mourir pour mourir :

Une petite cantate:


  J'étais tellement fan que j'aurais fait presque n'importe quoi pour la voir. Ou la rencontrer. Et un soir, alors que je vivais chez ma grand-mère à Toulouse, Barbara passait en concert. J'étais mineure alors, et c'était pas comme maintenant! Par téléphone, mon père avait dit NON, interdiction de sortir le soir, même avec une copine.

Il est vrai que je n'ai pu sortir le soir que lorsque j'étais pensionnaire chez les Soeurs, à Sainte Marie de Nevers, rue du Taur à Toulouse. Oui, c'est pour cela d'ailleurs que j'avais été renvoyée, en premier de la demi pension (on allait à plusieurs régulièrement manger dehors malgré les avertissements) puis de la pension : Avec une copine, on faisait les quatre cent coups, et...on montrait aux Soeurs des "permissions" de nos parents.... et on sortait.. Jusqu'au jour où le pot aux roses à été découvert.. J'y suis restée en externe. Mais j'en ais fait d'autres..!

Ma grand-mère qui me connaissait avait, ce soir là, prit des précautions : Elle avait fermé la porte à clef, comme d'habitude et mit la clé dans sa poche, ce qui était inhabituel et pas du tout prévu au programme!
Et le temps passait, le concert allait commencer...
J'étais donc privée de Barbara.

hebergeur d'image

C'est très vite qu'une idée à germée dans mon esprit, ce serait trop long à raconter ici, comment j'ai pu duper ma grand-mère, comment j'ai pu tromper sa vigilance, comment j'ai pu m'enfuir dans la nuit, prendre un dernier bus, avenue de l'URSS, après avoir récupéré la clé. Mais je l'ai fait! Ceux qui sont au courant ont bien rit, c'est digne d'un polar, vraiment!
Ce n'est qu'une heure après que ma grand-mère, devant se lever, s'est aperçu de mon absence. Le lendemain matin, elle rigolait en fait, et n'en à jamais rien dit à mes parents. Elle s'était inquiétée surtout.
Moi aussi, seule dans la nuit, j'avais tout de même prévu de l'argent pour un taxi pour le retour.
Et bien sûr, la deuixème partie du concert aura commençé, mais enfin, j'aurais vu Barbara, même de loin car la salle était grande.


Georges Moustaki et Barbara : "Pour une longue dame brune"

 




Ce que je vais raconter, je l'ai pardonné à mon père.
Comme Barbara à pardonné au sien. Mais pas pour les mêmes causes et pas pour les mêmes raisons

Nantes :

 

Ce soir là, encore un soir, alors que j'avais enfin réussi à me procurer l'adresse de Barbara, j'étais donc devant sa porte, je l'attendais.
Inconsciente, je ne m'étais même pas renseignée si elle était en tournée ou non, je n'étais même pas sûre qu'elle soit chez elle, ou si elle allait rentrer.. bientôt...
Je n'étais sûre de rien, le culot m'avait prit, et ne sachant comment faire, je m'étais retrouvée là.
Et voilà qu'au fur et à mesure que le temps s'écoulait, je réfléchissais.
Mais... qu'est-ce que j'allais lui dire ? Que je l'admirais ? Comme cela me paraissait ridicule! Dérisoire. N'avait-elle pas l'habitude ? Et être devant chez elle, comme ça, n'était-ce pas impudique ? Combien d'autres ont essayé ? J'apprendrais plus tard qu'il y en à eut plein, bien sûr!
Le temps s'écoulait et le trac me prit : Et si elle arrivait ? Mon coeur cognait. Voilà que je me trouvais tous les défauts!
En fait, il fallait simplement que je le fasse, d'aller chez elle comme un défi et après, je n'avais pas cette curiosité mal plaçée pour aller plus loin, la géner ou même par trop d'exaltation, lui faire peur, pourquoi pas ? En attendant c'est moi qui avait peur...
J'étais une très jeune femme qui avait ne soif d'infini et je m'étais rendue là où se trouvait pour moi cet infini : Barbara.
Et je repartis en priant le ciel de ne pas la croiser tellement que je me détestais. Je manquais tellement de confiance en moi !


Dans le métro en direction de Maison-Alfort, je réalisais autre chose : Bien que majeure depuis peu, c'était la première fois que je rentrais si tard, et sans prévenir et il était presque 22h30 ! Mon père n'acceptait pas que je sorte, c'était une tension entre nous, en fait, il était dépassé par la femme que je devenais et il n'arrivait pas à gérer cet état de fait. Donc j'étais comme " en liberté surveillée ". Mon père était très rigide à ce sujet. Cela ne pouvait pas durer. C'était l'ancienne éducation, tout cela est tellement dépassé maintenant, parfois trop..
Et la seule personne qui m'avait fait enfreindre la règle c'était Barbara (qui n'avait rien demandé).
Je savais ce que mon père pensais : Que j'avais un amant, ce qui n'était pas le cas.
Il devait être très en colère. Mais, à part deux gifles reçues dans toute mon existence, où il avait raison, rien de bien grave...!
A peine arrivée chez moi, à peine ais-je eut sonné que la porte s'est ouverte sur un homme hors de lui, qui hurlait " D'où tu viens ? "
J'ai eut juste le temps de répondre en exagérant un peu, sûre qu'il ne me croitrait pas " Papa, je viens de CHEZ Barbara ".
La gifle s'est abattue sur moi avec une violence rare, puis une deuxième qui m'à déstabilisée et  cognée contre le mur. Il hurlait des tas de choses, il y avait le mot " trainée " entre autre. Ses deux bras se levaient et s'abattaient sur moi, il avait perdu la tête. J'ai eut le temps de répéter cette phrase qui me semblait inutile " papa je viens de chez Barbara!" et je me suis protégée la tête, et malgrè l'étroitesse de l'entrée, j'ai réussis à lui échapper, à m'enfermer dans ma chambre. Ma mère tentait de le calmer en vain.

Après ? Ma vie à basculée.

En proie à une colère sans nom, je me dis que c'était finit. Que je partais. J'étais victime d'une telle injustice! J'irais chez une copine à Paris. Je regardais l'heure, il était 23h15 ou quelque chose comme cela. Il y avait encore des métros, il fallait faire vite!
Je sortis une valise de mon armoire et mit quelques affaires dedans et j'allais dans le couloir. Ma mère me regardait comme si c'était la fin du monde, impuissante devant ma détermination, bouleversée. Je lui dis brièvement ce que j'allais faire, mon père, immobile hurla que j'avais qu'à aller les retrouver mes amants, que dans la famille et chez les pieds noirs, on ne se comportait pas comme cela, mais déjà il ne bougeait plus de la salle à manger.
J'attrapais le dernier métro et j'arrivais chez une amie. Je n'avais rien, pas d'argent, pas de travail, mais j'en ai trouvé vite.
Lorsque, surprise de me voir débarquer à une heure pareille ses yeux tombèrent sur ma valise elle comprit tout de suite et me dit " Entre ".

C'est ainsi que assez vite, le "hasard" me fit rencontrer quelqu'un du spectacle et que je fut plongée dans le milieu du cinéma et de show business, étrange non ? Et  malgré mon jeune âge, je n'ai pas du tout été éblouie, et même, pour des raisons diverses, je n'aimais pas ce milieu. En prenant de l'âge je changerais d'avis, je relativiserais. Quelques rares célébrités me réconcilieront quelques temps avec toute cette ambiance, mais vraiment quelques temps.
Puis ensuite je rencontrais mon grand amour à travers quelqu'un qui s'occupait des sortants de prison, un charisme formidable lui aussi, dont j'ai déjà parlé à Noël dernier.
Mais je vais "ramer" comme l'ont dit car tous mes problèmes n'étaient pas réglés.


Un soir, très tard, récemment, j'ai écouté Europe1 .Je suis tombée sur un concert de Barbara. J'ai pleuré à des moments, pas de tristesse, d'émotion. J'ai beaucoup aimé (je ne sais plus qui commentait) certaines phrases sur elle. Des gens la voyaient triste, pas moi! Justement elle était la vie qui allait de l'avant avec optimisme, dynamisme, malgré toutes ses difficultés. Bien sûr qu'on est triste lorsqu'on à conscience de certaines réalités dans le monde, mais Barbara finissait toujours ses tours de chants par " le mal de vivre" disait le commentateur, chanson qui elle-même se termine dans la joie. Et c'est aussi ce que j'ai aimé chez elle. Avec cela, une telle sensibilité!
Elle avait de l'humour et à chanté les plus grands Brel, Brassens, lui-même intrigué et impressionné par Barbara. Elle à tourné avec Brel entre autre.
De son côté comique j'ai aimé lorsqu'elle chantait  " La biaiseuse ". Je ne l'ai pas trouvé en vidéo mais Marie Paule Belle l'à chanté aussi.
Voici le lien : http://youtu.be/nkSSO08oo0E

Lorsqu'elle interprète "Pénélope " de Brassens, elle est inimitable. Mais elle en à interprété plusieurs du répertoire de Brassens!



A l'Olympia elle avait dit à son public : " Vous savez l'Olympia, je m'en fou ! " Il fallait être Barbara pour dire cela. Alors que Léo Ferreé avait dit : " Les Dieux ont leur Olympe, les artistes ont leur Olympia ", Barbara elle, aurait pu très bien s'en passer et elle mettait les points sur les i. Pas de snobisme chez elle, jamais! L'Olympia, à ses yeux, n'était pas indispensable ni à sa carrière ni à son succès...

Son public était son battement de coeur  et un jour elle lui à fait ne déclaration d'amour sublime !

Ma plus belle histoire d'amour c'est vous :




Au début de sa carrière, elle à chanté " Mon pote le gitan " sur des airs de flamenco.

Gérard Ferrer le gitan marseillais à interprété L'aigle noir.
Personnellement, je le préfère lorsqu'il à chanté " Quand on à que l'amour" de Brel.
Mais bon, il fallait quand même le faire :
Delbart lui à dédié une rose ? Moi, je lui dédie des centaines que dis-je, des milliers de coquelicots. Je l'ai rêvée une nuit, il y à longtemps, allongée, souriante, dans sa longue robe noire, au milieu d'une prairie de coquelicots rouges vifs, c'était beau!
Le mal de vivre :



UNE AUTRE LUMIERE



Barbara est partie en 1997 et Marie-Paule Belle lui à fait un touchant hommage :

 

Barbara est morte ? En dehors de mes convictions sur l'au-delà, rien à voir avec ces certitudes, je dis qu'elle n'est pas morte. Elle avait un tel carisme, une telle présence, exigence, que ses vibrations restent. Elle n'est pas vraiment absente, on la sens là.
 Il suffirait de presque rien...
 

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