vendredi 9 janvier 2009

4. Regards sur l'Algérie, part three.



Algerian DREAMenvoyé par Ouled-Ali


Nostalgie

Quand me trouvant sur la côte antiboise,
Je vois la mer, en la belle saison,
Mon cœur perçoit, par delà l’horizon,
La vision de la rive algéroise.

La même mer baigne les deux rivages,
Et sur les flots aux reflets verts et or,
Mes souvenirs reprennent leur essor,
Pour survoler les rochers et les plages.

Au-delà de la brume des côtes,
Je vois les monts bleutés du Djurdjura,
Et, bien plus loin, berçant le Sahara,
Les deux Atlas avec leurs cimes hautes.

A mes regards, dans les monts et la plaine,
Sous le soleil s’animent les citées,
Et la rumeur de ces lieux habités,
Vient m’effleurer comme une fraîche haleine.

Alger la Blanche, ainsi qu’une odalisque,
Sur ce rivage, en se mirant dans l’eau,
S’étend rêveuse, à l’ombre des coteaux,
Aux flans couverts de pins et de lentisques.

Oran, la ville aux senteurs de salines,
Etincelante sur ses falaises d’or,
Chaude oasis s’étendant jusqu’au port,
Que Santa Cruz bénit de sa colline.

Dans les hauteurs où les aigles culminent,
Dominant les Hauts Plateaux et le Tell,
Et surplombant les gorges du Rummel,
Sur son rocher se dresse Constantine.

Alors mon âme, en voyant ces images,
Du sol natal, s’emplit d’émotion,
Tant est vivante en moi l’obsession,
Des souvenirs qu’enchantent ces mirages.

A. Bossenot.<:P>


Les Pieds-Noirs

Si j’ai passé ma vie où chante la cigale,
O, ma belle Algérie ! Et qu’avec tant d’amour,
J’ai construit mon foyer sur ta rive idéale…
Puisque ma tombe attend déjà mon dernier jour,
Je suis donc un « Pied-Noir »

Si l’azur a vibré des accords de tendresse,
Dont déborde mon cœur ; si j’ai toujours chanté,
Tes plaines, tes coteaux ; si ma lyre, sans cesse,
Vante dans l’univers ton charme et ta beauté,
C’est que je suis « Pied-Noir »

Et vous tous qui vivez sous ce ciel de lumière,
Enviés des jaloux, enviés des méchants,
Vous les anciens de cette terre hospitalière,
Qui rappelez des souvenirs aussi touchants,
Vous êtes « Pieds-Noirs »

Des généreux vergers ont remplacé les friches ;
Les vignes et les blés courent les environs ;
Ces citées et ces sports, ces villages si riches,
Que hantaient autrefois panthères et lions,
Sont l’œuvre des « Pieds-Noirs »

Tous ceux qui sans mesure, ont mêlé leur carrière,
Oeuvrant d’un même cœur sous les mêmes drapeaux ;
Tous ceux qui doucement dans tous les cimetières,
Sont allés retrouver un bien digne repos,
Sont aussi des « Pieds-Noirs »

François Molinis.



Le grand voyage

Debout, devant la tombe, la vieille dame priait.
De lourdes larmes chaudes sur son visage coulaient.
Depuis plus de seize ans elle attendait ce jour,
Revoir ce bout de terre, soulager son cœur lourd.

Devant ses yeux mouillés les souvenirs passaient.
Ils étaient si heureux dans leur humble foyer.
Les enfants grandissaient et la famille unie,
Allait paisiblement au chemin de la vie.

Puis vint alors la guerre. Le fils avait vingt ans.
Pour défendre la France il s’en alla content.
Et dans ce petit coin de cette terre d’Algérie,
Une femme, chaque jour, pensait à son petit.

Le cruel destin fit qu’il ne revint pas.
Ils furent plusieurs milliers à être dans ce cas.
Et les années passèrent. La fillette grandit,
A l’horizon hélas, le ciel s’assombrit.

De tragiques évènements, de grandes décisions,
Firent que le père, usé, rejoignit son garçon.
Et les deux femmes seules, allaient au cimetière,
Se recueillir ensemble sur la tombe du père.

Hélas, elles durent un jour, elles aussi s’en aller.
La jeune fille, à son tour, s’est un beau jour mariée.
De beaux enfants rieurs vinrent bénir cette union,
La vieille dame, heureuse, écoutait leurs chansons.

Mais souvent ses pensées étaient loin !... Au pays !
Ses enfants la comprirent et ils purent ainsi,
Lui offrir le voyage pour qu’elle puisse enfin,
Auprès d’un être cher libérer son chagrin.

Debout devant la tombe une vieille dame priait.
De lourdes larmes chaudes, sur son visage coulaient.
Alors son cœur meurtri se déchira soudain,
Elle parti pour le voyage dont nul ne revient.

Henri Almos.<:P>



Moktar

Il s’appelait Moktar,
Il était marocain.
Mais il songeait en vain,
A son lointain douar.

Taxiteur consciencieux,
Il avait la faveur
De clients très sérieux,
Ce qui était flatteur.

Mais il était aussi,
Bon père et bon mari,
Ayant toujours soucis,
De la vie sans pari.

Amical et souriant,
La route était pour lui
Un domaine exaltant,
Souvent malgré la pluie.

Il inspirait confiance
Et l’on pouvait à lui,
Se confier sans défiance,
Même si c’était de nuit.

Mais vint l’heure sinistre,
Du terrorisme sanglant,
Avec ses jours bien tristes,
Faits de larmes et de sang.

Ignorant la terreur,
Il allait comme toujours,
A Oran ou ailleurs.
Et ainsi chaque jour.

Cependant les tueurs,
Son fils allaient le prendre,
Mais surmontant sa peur,
Cet homme devait surprendre.

Poursuivant son travail,
Avec un beau courage,
Il roulait sans relâche,
Soulageant bien des cœurs.

Mille neuf cent soixante deux,
Aller sonner le glas,
Des espoirs et vœux pieux
Nos corps étaient bien las.

Un matin de Juin,
Résigné mais confiant,
Je lui confiais les miens,
Ma femme et cinq enfants.

Je revois son sourire,
Lorsqu’il revint satisfait,
Tout heureux de me dire :
Le nécessaire est fait.

Obligé lui aussi,
De quitter l’Algérie,
Il doit, le cœur noirci,
Retourner au pays.

A cet ami fidèle,
Je tiens à rendre hommage,
Sans discours ni chandelle,
Comme le veut le courage.

Merci mon cher Moktar,
Pour ta fidélité !
Là-bas dans ton douar,
Reçois mon amitié.

A.D.
Perpignan, Octobre 1978.<:P>

ICI VIDEO SUPRIMEE
envoyé par Algerienne6713

Que suis-je aujourd’hui ?

« Yo no puedo olvidar
El recuerdo de mi tierra ;
Siempre lo quiero guardar
Como si tesoro fuera »

Que suis-je aujourd’hui sans Alger ?
Suis-je français ? Suis-je Algérien ?
Les avis semblent partagés…
Je crois que je ne suis plus rien ;
Plus rien qu’une grande tristesse,
Plus rien que l’ombre de moi-même ;
Un pauvre amant sans sa maîtresse,
Ne pouvant plus dire « Je t’aime »

Que sont-ils eux que j’ai laissés,
Sur l’autre rive, sans défense ?
Pensent-ils encore au passé ?
Parlent-ils entre eux de la France ?
On dit qu’ils souffrent sans mot dire,
Se contentant de presque rien ;
Et qu’en leurs yeux chacun peut lire
La détresse des algériens.

Que suis-je aujourd’hui sans Alger,
Loin de mes frères misérables ?
Les avis semblent partagés,
Je ne suis surtout pas coupable.

Armand-Claude Villa
(Afin que rien ne se perde)


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Les adieux d’un Pied-Noir

Adieu belle Algérie, pays qui m’a vu naître,
Terre où mes chers parents y dorment pour toujours.
Je t’ai fuie comme un lâche et malgré tout l’amour,
Que je te conservais, tout au fond de mon être.

Adieu Alger la Blanche, ville de ma jeunesse,
Je t’ai quittée meurtrie un beau jour de printemps,
En y abandonnant mes souvenirs d’antan,
Mes enfants, mes frères et sœurs auxquels je pense sans cesse !

Adieu Abbès, Ali, Saïd et puis Zora !
Avec qui j’ai vécu dans la fraternité,
Empreinte de sentiments pleins de sincérité,
Et pour qui ma mémoire jamais ne faillira.

Alger, Constantine, Oran, Philippeville,
Plaines de la Mitidja, du Chélif, de l’Habra,
Et vous riches vergers, au-delà d’Orléanville,
Cet ensemble fait honneur à nos cerveaux et bras.

Adieu donc Algérie qui veut l’indépendance.
Mais sache qu’elle se fera qu’avec tous ses enfants,
Chrétiens, Israélites et aussi Musulmans,
Qui recourront toujours à l’aide de la France.

Car souviens-t’en que pendant cent trente ans,
Elle mit à ta disposition son génie créateur,
Traduit par l’œuvre grandiose du colonisateur,
Enseignement, santé, routes,
Voies ferrées, ponts, tout cela est édifiant !

Et pour en terminer garde ta reconnaissance à la France éternelle.
Mais l’Algérie nouvelle, sera t’elle plus accueillante et belle ?

Henri Tropin.


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Le secret des moutons

A l’aube paisiblement,
La montagne s’éveille,
Tandis que doucement,
Se montre le soleil,
Et bientôt du vallon,
A l’assaut de la pente,
Partent les moutons.

La montagne est si brûlée,
A midi
Que tout y est rocaille,
Seuls survivent quelques oliviers,
En compagnie,
Du chant des cigales.

A la tombée de la nuit,
Bien sagement attroupés,
Les moutons regagnent la bergerie,
Repus et rassasiés.

Le berger qui les guide,
Connaît leur secret.
Et lui qui les voit vivre,
Lui seul sait.
Il a vu le troupeau,
Grimper sur le plateau.
Il a vu le troupeau,
Frémir sous le vent chaud.
Et puis,
Unique témoin de ses merveilles,
Il a vu, un à un, les moutons,
Tendre le cou vers le soleil,
Et s’abreuver à ses rayons !

Isabelle Morvan.
« Ensemble »


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A tous les fils du soleil,
et particulièrement à l’intention de Marcel Bellier

Je suis né de parents modestes, fort honnêtes,
Et mes aïeux étaient de simples ouvriers,
Dont les parents, un jour, contraints par la disette,
A grand regret d’ailleurs, durent s’expatrier.
Ils eurent – j’eu comme eux pour seul bien le soleil.
Un soleil radieux, plus cher qu’une fortune,
Un soleil généreux, à nul autre pareil,
Qui faisait oublier toutes les infortunes.
Il était notre ami, le compagnon fidèle
Que l’on cherche souvent sans jamais le trouver ;
Que la nuit nous volait, mais que l’aube nouvelle,
Nous rendait plus ardent, nullement éprouvé.
Il répandait partout ses bienfaits, sa lumière,
N’épargnant pour vous plaire aucun de ses rayons :
La source intarissable allait, courait légère.
De l’humble maisonnette au riche pavillon.
Il emplissait les cœurs, réjouissait les âmes,
Aidait les souffreteux à combattre le sort,
Rendait bien plus fougueux le regard de nos femmes,
Et moins brut les pleurs des vivants pour les morts.
Il caressait les monts, les collines, les plaines ;
Semait des gouttes d’or sur la mer immobile ;
Et quand venait le soir, il quittait à grand peine,
Les toits de nos maisons et le cœur de nos villes.
Il mûrissait les fruits de l’arbre centenaire,
Gardant pour d’autres cieux son éternel dédain.

Une fois, une seule, il se voila la face,
Au début de juillet de l’an soixante deux,
Pour ne pas voir ses fils quitter en peu d’espace,
Le sol qu’ils avaient fait de leurs gros doigts calleux.

Armand-Claude Villa
(Afin que rien ne se perde)


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Je voulais mettre des vidéos du voyage à Mascara 2007 de quelques Pieds-Noirs de l'association "Les amis de Mascara" du site en lien ci-contre "Mascara, Algérie de ma jeunesse", mais même si je mets le code pour integrer ces vidéos, les vidéos s'affichent mais ne s'ouvrent pas...Je ne sais pas pourquoi. Auusi je mets les liens, il n'y à qu'à cliquer pour ceux que cela interressent.
La deuxième vidéo m'émeut beaucoup car il y à la visite, rue Paul Doumer, de la Maison Miraglia où habitait ma grand-mère. C'est d'ailleurs grace à Pierre Rubira et Maurice Banos (Grand Vizir du site Lol!) si j'ai pu avoir deux photos de cette maison même si j'en ai égarée une...Mais ce n'est pas perdu...
Et comme ils sont bien accueillis par les algériens!



http://video.google.com/videoplay?docid=3308982065335613865&hl=fr



J'avais aussi trouvé une très belle vidéo sur la visite par des Pieds-Noirs de Santa Cruz à Oran (Wahran en arabe) et avec tous ces liens et l'émotion, pas moyen de la retrouver...
Je parle d'émotion parce-que j'avoue que ces poèmes m'ont fait pleurer... Puissance des mots...
Le film "Les Pieds-Noirs, histoire d'une blessure" de Gilles Perez a été thérapeutique pour moi.
J'en parle par deux fois dans ces deux liens (puisque la pose de ces poèmes est une suite de ces liens) comme je l'avais annonçé :
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/05/2-l-bas.html


Le reportarge de Gilles Perez est exemplaire : Empreint d'objectivité de pudeur et de respect, aux creux de récits d'une tourmente indiscible!


En voici un tout petit extrait. La vidéo est très courte.
Je préfère mettre celui-là, on peut cliquer à côté de la vidéo et en voir deux autres.
Mais le Pied-Noir qui parle est un de ceux qui m'a le plus marquée. Il a exprimé beaucoup de sentiments intenses (il n'est pas le seul dans le film!) mais avec une attitude de retenue émotionnelle qui m'a impressionnée. A un moment, un seul, il s'est interrompu car il était aux bords des larmes et j'avais craqué : J'avais éclaté en sanglots!
Mais ce n'est pas ce moment là que nous allons voir, et encore une fois, c'est très court :




Quatres autres petits poèmes exprimant quelques ressentis de Pieds-Noirs arrivés en France -Métropole :


1962

Vous ne nous avez pas accueillis bras ouverts,
Petits, mesquins, rancis dans vos sous-préfectures,
Confinés dans vos fiefs aux étroites bordures…
Fallait-il qu’on vous l’ait borné votre univers !
Que l’on ait déguisé la victoire en revers, …
Notre ardeur au travail devenant flétrissure,
Notre combat souillé, risible la blessure,
De dix printemps d’horreur, dix étés, dix hivers
Vous nous avez perdus dans vos lois scélérates,
L’inhumaine rigueur des esprits bureaucrates,
De dossiers en dossiers, de rancœur en rancœur !
Balançant de l’injure à la fausse promesse,
Allongeant le poison avec du vin de messe,
Quand il aurait suffit d’avoir un peu de cœur.

Geneviève De Ternant« Poèmes dans la tourmente »


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Mai 63

Le pays que j’aborde
Est comme un poing fermé
Saurais-je jamais
Faire éclore
Cette fleur d’aube
S’offrant au rois
De vie ?

Le pays où j’aborde
Est mon rideau de fer
Retombé sur une devanture
De rêve
Egorgés
Et la fine fleur de Mai
Griffe mes jambes nues
D’émigrée

Tout rugueux encore
Des façons d’autrefois
Ils viennent tous
Par des routes brûlantes
Ils viennent
Avec au bord des yeux
Leur âme
Dépareillée.

Madame Sarrazin
Née Colette Marmillan-Saintar.


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Sur mes souvenirs

Sur mes souvenirs, j’ai fermé ma porte,
Et tourné la clef avant de partir ;
J’ai pris mes deux fils et j’ai dû sortir,
Vers un monde rouge où la peur m’emporte.

Mais je n’ai pas peur, voyez je suis forte,
Et dans ma maison, je veux revenir,
Pour mourir au moins sur mes souvenirs,
La Patrie est folle et la France est morte.

Allons, mes garçons, les français ont beau,
Nous couvrir de fleurs tout comme un tombeau,
Il leur faut des pleurs pour les photographes.

Leur vote insensé nous fit étrangers,
Mais demain leurs fils sauront nous venger.
Des légions d’honneur en toc qu’ils agrafent !


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Malédiction

O soleil, je te hais !
Sous ton or qui ruisselle,
Jaillissent vie beauté
Mais qui donc les appelle ?
Je les veux rejeter
J’abreuve mon sombre cœur,
Aux sources du souvenir
Et toute ma douleur
Y boit en son délire.

Il est l’heure de pleurer,
Il est l’heure de haïr,
Ma ville si fort aimée,
Crie en vain son martyre.
Et tu éclaires crûment
Ses rues où la mort rôde,
Les yeux hagards d’enfants
Dont la chair n’est plus chaude.

Et tu danses, O soleil,
Sous nos corps étendus,
Et tu bois à la treille
De nos coeurs éperdus,
Dont les sanglantes lames
Te saluent en vainqueurs
Et lacèrent nos âmes.

Et la Provence rit,
Sous tes baisers de feu,
Et moi je te maudis,
Je maudis les heureux.
Ces valets du plaisir,
Détournant leurs regards
De la terre martyre
Immolée au César !

En terre d’exil, ce 3 juillet 1962
Madame Argoud
Femme du Colonel Antoine Argoud.


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Puis vient l'apaisement....


Toulouse, ville rose

Dans le calme tranquille de la ville endormie,
J’aime à me promener en écoutant la nuit,
Elle est faite de silence que rien ne vient troubler,
Si ce n’est le murmure des Jets d’Eaux projetés.

Ils dansent à Jolimont un ballet merveilleux,
Où le jeu des couleurs est un régal des yeux,
Envoûtée par leur charme je préfère m’éloigner,
Pour découvrir plus loin, d’autres trésors cachés.

Me voici traversant le Canal du Midi,
Où glissent les péniches de mes douces rêveries…
Le Boulevard de Strasbourg repose enfin en paix.

Je veux voir dans le calme l’église Saint Sernin,
Oublier son marché du dimanche matin,
Et la foule bigarrée qui espère découvrir,
La chose ou bien l’objet pouvant lui convenir.

Et par la rue Du Taur j’arrive au Capitole,
Où tant de voix célèbres devinrent des idoles.
Que de rêves dans ses murs se sont réalisés,
Et pour d’autres, que d’espoirs a jamais envolés.

Je me sens si petite sur cette place immense,
Qui voit chaque mercredi son marché de Provence,
Sur les pavés rosés j’entends mourir mes pas,
Qui me conduisent tout droit vers cette rue là-bas.

Et par là, j’irai voir couler la Garonne,
En remontant le temps par la rue Saint Rome,
Elle reste le témoin d’un passé qui meurt,
Déjà ses murs anciens changent parfois de couleur.

Des immeubles nouveaux au style américain,
S’érigent un peu partout, c’est la ville de demain.
Dans le quartier Saint Georges la chute a commencée,
Détruisant peu à peu le reste d’un passé.

Voilà pourquoi je veux fixer dans ma mémoire,
Ces vestiges anciens qui firent notre histoire.
Comme un pèlerinage, j’ai visité la ville,
Par un beau soir d’été dans le calme tranquille.

Déjà ! Parait au loin le premier rayon d’or.
La nuit va s’estomper en cachant ses trésors.
Alors mon regard une dernière fois se pose,
Sur le chemin infini de cette ville rose.

Françoise Almos, en exil à Toulouse


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L'épreuve de l'exil, quand elle est surmontée, aide à relativiser bien des choses ici-bas.....


Puisqu’il faut tout laisser

Quand je serais couché près de ceux que j’aimais,
Et que mon corps, devenu une légère poussière,
Aura disparu à jamais,
J’espère que mon âme connaîtra la lumière.

Que ceux, qui en passant liront mon nom,
Gravé sur le marbre noir, en lettres dorées,
Sachent, que sur la terre, les mauvais et les bons,
Ont tous la même destinée.

Qu’ils sachent aussi, que la vie n’est que passage,
Rapide, sans espoir de retour,
Et qu’ici-bas, il est sage,
D’être prêt à tout abandonner un jour.

Richesses, honneurs, puissance,
Tous les biens de la terre,
Dont nous avons la jouissance,
Sont éphémères.

Alors pensons-y bien.
A quoi auront servi tous nos calculs,
Puisque nous partirons sans rien,
A l’aube d’un jour où à son crépuscule.

Jean Boudon
Béziers, le 16 janvier 1978


Oui... Pieds-Noirs ou arabes ont fait les guerres de 14/18 et 39/40, beaucoup ont donné leur vie, c'est ce qui est dit dans des commentaires précedents.
Lorsque les Pieds-Noirs sont arrivés en france, les français les connaissaient mal, beaucoup d'à prioris...et j'avais posé ce poème que je remets :


Français, le savais-tu ?

Que savais-tu de nous, avant de nous connaître ?
Un fidèle portrait n’est jamais qu’un portrait.
Pour nous pouvoir juger – pouvoir te le permettre !
Il fallait négliger l’apparence et les traits.

Il fallait te mêler au peuple de nos villes ;
Vivre avec lui ses joies et partager ses peines ;
Et ne pas te laisser, tel un mouton servile,
Mener sur le chemin qui conduit à la haine.

Que savais-tu de nous, Français de Métropole ?
Savais-tu seulement que nous étions Français ?
Que nous l’étions. Avant qu’un dénommé De Gaulle,
Machiavel galonné, chez nous vint à passer.

Savais-tu qu’Hernandez, Mohamed et consort,
Chérissaient ton pays, car il était le leur ?
Et que pour le sauver par deux fois de la mort,
Ils vinrent le défendre, apaiser ses douleurs ?

Savais-tu qu’aux accents de « votre Marseillaise »
Nos cœurs battaient plus fort ? (Ô, maudites fanfares !)
Et savais-tu qu’Alger était terre française,
Avant de la livrer, inconsciemment, aux barbares ?

Savais-tu ?... Savais-tu ?... Non ! Tu ne savais rien !
Pour toi, nous habitions cette lointaine Afrique,
Où nous faisions « suer le burnous algérien »,
Au nom d’un Empereur ou d’une République.

Armand Claude Villa
(« Afin que rien ne se perde »)


Ce billet est la suite de : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2009/01/1-regards-sur-lalgrie-part-one.html
http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2009/01/2-regards-sur-lalgrie-part-two.html


et surtout :


http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.com/2008/06/2-raconte-moi-lalgrie-grand-mre.html


FIN

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