samedi 26 avril 2008

6. Un peu de Camargue

Quelques mots sur la Camargue pour ceux qui ne connaissent pas trop, et qui seront la transition vers un gitan extraordinaire.

J'entends déjà sa voix en moi, comme un cri de Vie,
sa voix qui s'étire infiniment à travers les joncs et fait battre le coeur de sa région.
Telle une présence, un echo de l'infini.

C'est dans ma vie une étrange rencontre, allez savoir pourquoi... Un choc artistique sans précédent.

En attendant voici Sara aux Saintes Marie de la Mer.

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LE MYSTÈRE DE SARA La Kali

"On connaît la légende de cette barque sans voile ni rames, chassée de Palestine après la mort du Christ, qui accosta le rivage camarguais. À son bord se trouvaient Marie Salomé, mère des apôtres Jean et jacques le Majeur, Marie Jacobé - selon saint jean la sœur de la Vierge , Marie-Madeleine, Lazare et sa sœur Marthe, ainsi que Maximin et Joseph d'Arimathie qui transportait le Saint-Graal. Les avis divergent sur la présence de Sara la Noire à bord. Était-elle leur servante? Était-elle égyptienne? "Sara campait avec sa tribu en pleine forêt de pins parasols, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Aigues-Mortes. Avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s'étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen où affluaient les grands pèlerinages de sa race." Il est plus vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure indigène, et fort probable que Marie Salomé et Marie Jacobé, restées pour évangéliser la région, aient transformé l'autel païen en oratoire chrétien.

À leur mort, très vite un culte se répandit avant que la construction de l'église-forteresse au XIIè siècle ne le confirme. Au XIVè siècle, le pèlerinage est déjà très populaire, notamment lorsque la célébration des saintes est fixée en 1343 au 25 mai pour la première et au 22 octobre pour la seconde.

Il prendra une tout autre ampleur après 1448, quand les fouilles entreprises par le roi René sous l'autel de l'église découvrent les reliques des saintes femmes. Elles furent mises dans des châsses richement ornées et transportées dans la chapelle haute. C'est lui aussi qui fit creuser la crypte où les gitans étaient autorisés à vénérer Sara, leur patronne. Depuis cette époque, chaque 24 mai après-midi est consacré à la descente des reliques, lors d'une cérémonie chantée".

Deux symboles :


"Les armoiries de la Camargue se décrivent: taillé d'azur et de gueules au trident d'argent ferré d'or posé en barre brochant sur la partition accompagné en chef d'une tête de taureau de sable corné d'argent et en pointe de la croix camargaise d'or.
Les armoiries comprennent trois emblèmes de la Camargue: le taureau noir, la croix de Camargue et le trident des gardians".



La croix de Camargue est un emblème formé d'une croix latine, dont les extrémités supérieures représentent des tridents, d'une ancre et d'un cœur.

"La croix représente la foi, l'ancre, l'espérance et le cœur, la charité. Ces trois vertus proviennent du final de l'Hymne à la Charité (cf. la première lettre aux Corinthiens au chapitre 13).

La croix est aussi appelée croix gardianne à cause des extrémités des bras de la Croix qui évoquent le trident des gardians. Elle associe symboliquement les gardians et les pêcheurs, les deux composantes de la Camargue.

Cette croix fut créée en 1924 par Hermann Paul, peintre et sculpteur, à la demande du marquis de Baroncelli. La première croix en fer fut forgée en 1930 par le ferronnier cailaren Gédéon Blatière, qui réalisera trois ans plus tard le trident nickelé qui surmonte la hampe du drapeau de la Confrérie des Gardians. Cette croix en fer a été posée aux Saintes-Maries-de-la-mer, près du pont du mort, non loin du Mas du Simbéu, où habitait Baroncelli".

Voici un très beau poème sur la Camargue Jean-Marc Allegre,un poète d'Aigues Mortes, citée médievale :

Je suis ...

Je suis né, dans un coin sauvage
où les taureaux noirs sont les rois;
et fus bercé dès mon jeune âge
par les flamants roses en émoi.

Ma maison était toute blanche,
au milieu des pins et des joncs;
et le mistral avec les branches,
me composait de belles chansons.

Je suis né, sur ce sol aride
où comme Attila, le soleil
fait à la terre mille rides
pour en étouffer le réveil.

Mais lorsque la lune apparaît
et que sa clarté innonde
les roubines et les grands marais,
on croirait voir le bout du monde.

Je suis né, dans la plaine immense
où galopent les blancs chevaux;
au loin il y a des camps où dansent
les bohémiens près des chariots.

Et j'ai suivi la farandole
qu'accompagnent les tambourins,
traîné dans cette ronde folle
où chacun me tendait la main.

Ami le souhait que je vais faire
en priant Dieu de l'exaucer
c'est m'endormir en cette terre
dans ma CAMARGUE où je suis né !!


Jean-Marc ALLEGRE

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