samedi 1 mars 2008

1.Ce n'est pas qu'un poème

Alégria por Miguel...

Autrefois tu jouais des rumbas.
J'entends encore l'écho sonore de ta voix.
Comme un trésor caché au fond de nous-mêmes,
Nous ne nous disions jamais "Je t'aime".

Parce-qu'il fallait faire semblant d'être forts,
Car un gitan ne doit jamais faiblir,
Et que j'avais toujours peur de souffrir,
Nous ne nous dévoilions que nos corps.

Sur ton visage sombre brûlaient tes yeux noirs.
Je m'y consumais sans véritable espoir.
Je croyais à une parenthèse du temps.
Je ne savais pas que je t'aimais tant.

Au tempo de ta guitare
S'écoulaient les saisons,
Et battait mon cœur à l'unisson.
Je ne pouvais imaginer ton départ.

Près de toi, j'étais sur une autre planète.
Cela me rassurait, ailleurs je pouvais renaître!
Et le temps passait, d'étreintes en séparations,
De retrouvailles en ruptures mêlées de passion.

Je chassais dans tes yeux la tendresse
Qui glissait, soie furtive de mille caresses.
Dieu que les yeux d'un gitan sont troublants,
Lorsque de l'amour il met le cap au levant.

A travers la folie qui s'enroulait sur nous,
De ceux qui nous enviaient et qui étaient jaloux,
Nous titubions de triomphes en difficultés,
Pour toujours finir par nous retrouver.

Au tempo de ta guitare
S'écoulaient les saisons,
Et battait mon cœur à l'unisson.
Je ne pouvais imaginer ton départ.

Je gardais le silence sur tes contradictions.
A ta première erreur j'accordais le pardon.
Comme si tu avais peur de ne pas le mériter,
Tu venais toujours vers moi à pas feutrés.

Tu fermais les yeux sur mes égarements.
Envers et contre tout tu restais mon amant..
Tu avais deviné dans ma fuite éperdue,
Ma sensibilité meurtrie en quête d'absolue.

Je me réchauffais à la couleur de ta peau,
Vibrais sous ton regard, au son de ta voix,
Et je cachais l'incendie qui était en moi,
Car j'avais toujours peur de t'aimer trop.

Au tempo de ta guitare
S'écoulaient les saisons,
Et battait mon cœur à l'unisson.
Je ne pouvais imaginer ton départ.

Ce que tu n'osais pas dire, je l'avais compris :
"Je voudrais être aimé! J'ai si peur d'être épris!".
Je surprenais parfois ton regard hagard
Apercevant quelque chose, au loin, quelque part.

Nous pensions notre amour impossible, interdit.
Nos gestes seuls trahissaient ce qui n'était pas dit.
Que de temps perdu en ruptures inutiles,
En fausses insouciances, en barrières futiles!

Mais tu étais là, à la fois humble et fier,
Tu avais toujours pour moi les bras ouverts.
Tu m'attendais toujours, tu m'attendais sans cesse,
Attentif désormais à ce que rien ne me blesse.

Pour trouver le vrai chemin qui mène vers toi,
Je voulus par la danse me rapprocher de toi.
Ton âme flamenco s'empara de la mienne,
J'esquissais les gestes de nos joies, de nos peines.

Enivrée par les chants, la musique, la frappe des mains
Je pensais : "Miguel c'est la vie! Les gitans c'est la vie!".
Le flamenco devint le plus grand cri
De mon cœur qui avait toujours faim.

Au Royaume flamenco avais-je enfin trouvé ma place ?
La réponse à l'infini qui toujours me dépasse ?
A cette soif d'amour de mon cœur haletant,
Comme un appel, un cri lancé au peuple gitan ?

Pour toujours alors j'étais devenue tienne.
Ne m'avais-tu pas dit : "Je te ferais Reine ?"
J'avais trouvé ma vérité, mon identité,
C'est au milieu des gitans que je suis née.

Au tempo de ta guitare
S'écoulaient les saisons,
Et battait mon cœur à l'unisson.
Je ne pouvais imaginer ton départ.

Puis un jour tu es parti où l'on ne revient pas.
J'ai vu alors un gouffre s'ouvrir sous mes pas.
Tu m'as tendu la main pour ne pas que je tombe,
Et troué de lumière ma vie plongée dans l'ombre.

Car arrivé sur l'autre rive, la si lointaine rive,
Tu as soudainement brisé la frêle carapace
De ton cœur apeuré. Tu as cherché ma trace,
Et par un sourire, as stoppé ma dérive.

Car un souffle avait déshabillé nos âmes,
Arraché le linceul de nos cœurs engourdis,
Pour de notre amour hisser les oriflammes,
Et dévoiler une cathédrale engloutie.

Pour ne pas que la rafale de ma déraison
M'emporte, tu m'as parlé en trans-communication.
Tu m'as crié "Je t'aime" à travers les étoiles,
Et de ton univers levé un pan du voile.

Ebloui au milieu des constellations
Par la fulgurante plainte qui montait vers toi,
Tu es alors descendu pour te montrer à moi,
Pour me dire : "Je t'aime et en même temps pardon

De t'avoir si mal aimée et si mal comprise !
Ton amour et un baume pour mon âme exilée.
Tu ne peux savoir l'élévation que j'ai acquise
Porté par le Credo de ton cœur esseulé!"

"Oh! Miguel, ton amour se déploie comme une étoffe,
Transparence d'azur dorée, tissu de rayon de lumières,
Habillant mon âme glacée, et qui enfin m'offre
L'infini. Notre amour à lui seul est une prière".

Je porte le diadème de ton âme ennoblie
Par l'éclat de ton sourire qui jamais ne m'oublie.
Car de ton cœur je suis maintenant la souveraine
Pour toujours, dans les galaxies lointaines.

Comme ta voix m'émeut lorsque je l'enregistre!
Car tu dis que l'amour est ton seul registre,
Qu'ici-bas le temps se perd si nous n'écoutons pas
La voix de notre cœur qui doit seule guider nos pas.

Je sais qui tu es maintenant plus près du soleil,
Loin de ce monde parfois tortueux et violent.
Et malgré ces contrées qui t'émerveillent,
Tu murmures : "C'est si beau le pays où je t'attends!

Car je vis maintenant dans l'éternel présent !
Oublies mon départ, ce n'était qu'une éclipse
Qui assombri tes jours. Mon âme, inlassablement
Décrit autour de toi une discrète et tendre ellipse!".

"Mais", disent ceux qui me connaissent, étonnés :
"D'où vient cette sérénité qui émane parfois de toi ?".
C'est Miguel par son amour qui me l'a donnée
Car avec lui je suis née une seconde fois.

Il m'a transmit la force de sa Paix retrouvée.
Il m'a rendu mille fois l'amour que j'ai pour lui.
C'est d'être aimée si fort dont j'ai tant pleuré!
Et ces larmes sont pour moi source de vie.

Mais voici un secret. Vous n'allez pas le croire !
Moi qui depuis toujours hésitais entre vie et trépas,
Miguel à accompli sa plus grande victoire,
Sur mon âme qui se sentait incomprise ici-bas.

Car Miguel avec patience m'attendait au tournant
Pour me remettre un cadeau qui n'a pas de prix.
Et s'il lui à fallu du temps pour détruire mon tourment,
Grâce à lui je suis réconciliée avec la vie.

Oui! Miguel à eu sur moi le plus grand des triomphes,
Et rien qu'en le disant je sens mon cœur qui gonfle,
En éclaboussant d'amour mes jours et mes nuits,
Ce n'est que maintenant que j'aime enfin la vie!

Au tempo de sa guitare
S'écoulent les saisons,
Et bat mon cœur à l'unisson.
Maintenant j'ai pris un vrai départ.

Jeannine Vaquié, " Fleur de Corail,1998




J'avais temporairement suprimé mon poème dédié à Miguel et écrit en 1998, parce-que j'ai vu avec mon compteur qu'il était très visité, avec comme mots de recherche " paroles pour mon ami gitan" et d'autres etc...
Des gens qui ne respectent pas les morts..
et/ou manquant d'imagination et essayant de voler les mots des autres.
C'est courant sur internet...!
Bien que protégé par les droits d'auteur,cela évitera des complications.. De plus, je l'avais envoyé à Ricao à cette pèriode...Et à Madame Monique Simonet, pionnière en France en TCI
Je le remets (27 mai 2011):

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